Dans une lettre ouverte adressée à Paul Hounkpè, Secrétaire Exécutif National de la FCBE, Daniel Edah salue la déclaration de presse du parti hier mercredi 28 janvier 2026 dénonçant le système électoral réformé par le régime de la Rupture, mais l’invite à aller plus loin dans la défense de la démocratie et de la paix sociale.
Rappelant que la FCBE a qualifié les réformes électorales de « porteuses de division, d’exclusion et de déséquilibre institutionnel », Daniel Edah souligne la lucidité et la clarté de cette prise de position. Toutefois, il met en garde contre toute instrumentalisation du parti dans une stratégie visant à fragiliser l’opposition et à consolider un pouvoir sans partage.
« À l’heure où l’histoire vous appelle personnellement à un sursaut patriotique, alors même que votre parti est écarté de l’Assemblée nationale et de l’ensemble des 77 conseils communaux, il devient légitime de s’interroger », écrit-il, en avertissant que la facilitation du parrainage de la candidature présidentielle de 2026 pourrait s’inscrire dans une logique de confiscation de la souveraineté populaire.
Pour l’auteur, la préservation durable de la paix repose sur le respect sincère des principes démocratiques et sur l’inclusion de tous les acteurs politiques dans la gouvernance et l’organisation des élections. Il exhorte ainsi Paul Hounkpè à ne jamais compromettre la paix sociale et à résister à toute pression ou chantage. « Le peuple demeure, en dernier ressort, la plus grande protection contre toute forme de persécution injuste », rappelle-t-il.
Daniel Edah appelle enfin la FCBE à confirmer sa posture courageuse et à démontrer que « aucun marché politique n’a jamais été conclu dans le dos du peuple béninois ». Il conclut sur un message d’unité nationale et de responsabilité collective : le Bénin a besoin du rassemblement de tous ses fils et filles pour consolider la démocratie, protéger les acquis et bâtir une économie productive, capable de répondre aux défis sociaux, notamment l’emploi des jeunes.
Un appel fort à la vigilance, à l’intégrité politique et au sursaut patriotique, qui résonne au moment où le Bénin s’apprête à de nouvelles échéances électorales déterminantes.
LETTRE OUVERTE à
Mon frère Paul HOUNKPÈ, Secrétaire Exécutif National du parti FCBE
Monsieur le Secrétaire Exécutif National et Cher frère,
J’ai pris connaissance de la déclaration de presse de la FCBE désavouant le système électoral réformé par le régime de la Rupture ainsi que les lois qui l’organisent, au lendemain des élections dites générales. J’y ai notamment relevé cette affirmation, je cite : « Il faut oser reconnaître que les réformes sont porteuses de division, d’exclusion et de déséquilibre institutionnel. »
J’en salue le ton, la lucidité et la clarté de la position exprimée.
À l’heure où l’histoire vous appelle personnellement à un sursaut patriotique, alors même que votre parti est écarté de l’Assemblée nationale et de l’ensemble des 77 conseils communaux, il devient légitime de s’interroger. Quelles que soient les promesses ou assurances qui auraient pu vous être faites, il apparaît de
plus en plus clairement que la facilitation du parrainage de votre candidature à l’élection présidentielle d’avril 2026 pourrait s’inscrire dans une stratégie globale de fragilisation de l’opposition pour s’offrir la
confiscation de la démocratie béninoise, visant la consolidation d’un pouvoir sans partage, sans véritable dialogue politique.
La préservation durable de la paix qui nous tient à cœur passe nécessairement par le respect sincère et effectif des principes démocratiques. Les dirigeants et acteurs politiques véritablement soucieux de paix, de stabilité et de cohésion nationale doivent, en toutes circonstances, œuvrer pour l’inclusion dans la gouvernance, y compris et surtout dans l’organisation des élections.
Prenant acte des raisons qui vous avaient amené à faire confiance à la bonne foi du régime, je forme le vœu que votre nom ne soit jamais associé à ceux qui, par calcul ou par contrainte, choisiraient de compromettre la paix sociale pour dérouler un agenda de division et de confiscation de la souveraineté populaire. Et si, d’aventure, vous faisiez l’objet d’un quelconque chantage ou aviez à craindre pour votre liberté, souvenez-vous que le peuple sait absoudre et qu’il demeure, en dernier ressort, la plus grande protection contre toute forme de persécution injuste.
Après avoir éprouvé la bonne foi du régime et, le cas échéant, constaté avoir été instrumentalisé dans une stratégie de fragmentation de l’opposition et d’installation d’un pouvoir hégémonique à tous les niveaux, j’ose espérer que votre parti saura aller jusqu’au bout de la posture courageuse affichée dans votre
déclaration de presse. Il s’agira alors de démontrer clairement au peuple béninois qu’aucun marché politique n’a jamais été conclu dans son dos.
Notre pays a besoin du rassemblement sincère de tous ses fils et de toutes ses filles pour repartir sur de nouvelles bases, consolider notre démocratie, préserver nos acquis et bâtir une économie de production et de transformation capable de répondre à nos défis sociaux, à commencer par l’emploi des jeunes. Donnons-
nous la main pour créer ces conditions et éviter que le Bénin ne s’enfonce dans une logique de terre brûlée ou de « après nous, le déluge ».
Ensemble, nous le ferons.
Avec mes considérations,
Daniel Edah






