Communales 2026 : une attente qui interroge la légalité

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Près de deux semaines après les élections communales et législatives du dimanche 11 janvier 2026, et une semaine après la proclamation des résultats provisoires des législatives par la Commission électorale nationale autonome (CENA), suivie de leur confirmation par la Cour constitutionnelle, les Béninois attendent toujours les résultats provisoires des élections communales. Un silence institutionnel qui suscite interrogations, inquiétudes et critiques, tant au sein de la classe politique que parmi les candidats et l’opinion publique.

Une attente  de plus en plus préoccupante

Alors que les législatives ont rapidement connu leur épilogue provisoire, les élections communales, pourtant organisées le même jour, demeurent dans une zone d’ombre. Or, ces résultats sont essentiels puisqu’ils déterminent la composition des conseils municipaux et l’architecture du pouvoir local pour les cinq prochaines années.

Dans les rangs politiques, l’impatience est palpable. Certains acteurs évoquent des lenteurs administratives, d’autres soupçonnent des calculs politiques. Tous, en revanche, s’accordent sur un point : dans une démocratie, le silence prolongé de l’organe électoral nourrit la suspicion et fragilise la confiance.

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Que dit réellement le code électoral ?

Le code électoral béninois confie clairement à la CENA la mission d’organiser les scrutins, de centraliser les procès-verbaux et de proclamer les résultats provisoires, tant pour les élections nationales que locales. Il lui revient également de transmettre les données au juge électoral compétent pour l’éventuel contentieux.

Selon le calendrier électoral officiel, la publication des résultats provisoires, aussi bien pour les législatives que pour les communales, était attendue dans les jours suivant le scrutin, autour des 12 ou 13 janvier 2026. Dans le cas des législatives, la Cour constitutionnelle intervient ensuite pour valider et proclamer les résultats définitifs. En revanche, pour les élections communales, la proclamation finale relève directement de la CENA.

Aucun article du code électoral ne fixe cependant un délai précis, exprimé en nombre de jours, pour la publication des résultats provisoires des communales. Cette absence de délai chiffré laisse à la CENA une certaine latitude pour effectuer les vérifications nécessaires, notamment la compilation et le contrôle des milliers de procès-verbaux issus des bureaux de vote.

Une légalité formelle, mais une légitimité fragilisée

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Sur le plan strictement juridique, le retard observé ne constitue donc pas, en l’état, une violation manifeste du code électoral. La CENA peut invoquer la rigueur des contrôles, la correction des incohérences et la nécessité de garantir la sincérité du scrutin avant toute proclamation officielle.

Mais sur le plan politique et démocratique, l’attente prolongée pose un problème. Les calendriers électoraux diffusés avant le scrutin laissaient entrevoir une publication rapide des résultats. Deux semaines de silence, sans communication détaillée sur les raisons de ce retard, peuvent être perçues comme un manquement au devoir de transparence et d’information.

Cette situation a des conséquences concrètes : les candidats et les partis ignorent toujours l’issue des batailles locales, les conseils municipaux ne peuvent être installés, et les éventuels recours contentieux sont bloqués, faute de résultats officiellement proclamés.

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Un test de crédibilité pour la CENA

Au-delà de la question juridique, c’est la crédibilité même de l’institution électorale qui est en jeu. Dans un contexte politique sensible, chaque jour de retard non expliqué affaiblit un peu plus la confiance des citoyens dans le processus électoral.

En définitive, si la CENA ne viole pas formellement le code électoral, elle heurte néanmoins l’esprit de celui-ci, fondé sur la célérité, la transparence et la clarté des procédures. Pour beaucoup d’observateurs, seule une communication proactive et la publication rapide des résultats provisoires des communales permettront de dissiper les soupçons et de renforcer la crédibilité de la démocratie béninoise.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.