La Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) a examiné, ce jeudi 29 janvier 2026, un dossier aux allures de feuilleton judiciaire. Un ressortissant béninois y est poursuivi pour escroquerie en ligne et usurpation de qualité, après s’être fait passer pour un gradé de l’armée américaine afin de soutirer plusieurs millions de francs CFA à ses victimes, sous couvert de promesses de mariage et d’obtention de visas.
Un stratagème bâti sur le mensonge
Selon l’accusation, les faits remontent à octobre 2023. Alors qu’il se trouvait en détention, le prévenu aurait établi, via les réseaux sociaux, une relation avec une femme à qui il se présente comme sergent de l’armée américaine en mission à l’étranger. Il gagne sa confiance, lui promet le mariage et une aide pour l’obtention de visas vers l’Europe et l’Amérique du Nord.
Avant même la célébration de l’union, il aurait déjà extorqué plus de 3 millions de FCFA, officiellement destinés aux préparatifs du mariage. La relation prend ensuite une autre tournure.
Du Koweït au Togo : une arnaque transfrontalière
La victime, résidant au Koweït, est invitée à rejoindre le Bénin. Par la suite, le mis en cause se rend au Togo, où il convainc son beau-père de financer de prétendues démarches pour l’obtention de visas canadiens.
Pour ce faux projet, il aurait encaissé plus de 6 millions de FCFA, sans jamais fournir la moindre preuve de démarches réelles.
Face aux nombreuses relances de la famille, restées sans réponse, l’homme disparaît et regagne le Bénin, laissant derrière lui une famille désemparée et financièrement ruinée.
Une récidive à Cotonou
De retour à Cotonou, le prévenu aurait poursuivi ses activités frauduleuses selon le même mode opératoire. Il entre en relation avec une seconde femme, à qui il soutire plus de 4 millions de FCFA, toujours sous de fausses promesses de mariage et de projets de voyage à l’étranger.
Les victimes, ayant fini par se rendre compte de la supercherie, saisissent les autorités, ce qui conduit à l’arrestation du suspect.
À la barre : un déni total
Présent devant la CRIET, l’homme a rejeté en bloc les accusations, niant toute intention frauduleuse. Il conteste les faits qui lui sont reprochés, malgré les éléments financiers et les témoignages versés au dossier.
La Cour a renvoyé l’affaire pour la poursuite des débats, tandis que le ministère public requiert une sanction exemplaire au regard de la gravité des faits et du nombre de victimes.
Un phénomène en pleine expansion
Cette affaire illustre une réalité inquiétante : la montée des arnaques sentimentales en ligne, souvent orchestrées à travers de fausses identités de militaires, médecins ou expatriés. La CRIET appelle à une vigilance accrue, notamment sur les réseaux sociaux, où de telles escroqueries continuent de faire de nombreuses victimes.






