Longtemps resté discret sur l’échiquier politique, Wilfrid Apollinaire Avognon, président du parti Nouvelle Force Nationale (NFN), a signé un retour remarqué sur la scène médiatique. Invité ce vendredi 20 mars 2026 de l’émission « L’Instant Politique » sur la SRTB, l’homme politique a clarifié la position de son parti à l’approche de l’élection présidentielle de 2026.

Au cœur de son intervention : la candidature de Romuald Wadagni, figure de la mouvance présidentielle, que la NFN observe avec intérêt… mais sans engagement définitif.
Un soutien conditionné au projet de société
Face aux attentes de l’opinion, Apollinaire Avognon a adopté une posture prudente. S’il reconnaît les qualités du candidat pressenti, il refuse de lui accorder un soutien automatique.
Le président de la NFN subordonne toute décision à un critère central : la pertinence du projet de société que Romuald Wadagni doit présenter. « Nous avons transmis le projet de société de notre parti au candidat Wadagni. Il a promis d’en tenir compte. Maintenant, nous attendons de voir si son propre projet sera assez convaincant pour nous », a-t-il expliqué.
Pour la formation politique, il ne s’agira pas d’un ralliement de circonstance, mais d’un choix fondé sur des propositions concrètes. Une manière d’affirmer une ligne politique axée sur le contenu plutôt que sur les alliances opportunistes.
« Pas un chèque en blanc » pour Wadagni
Abordant les inquiétudes qui circulent dans l’opinion, notamment celles liées à une éventuelle continuité du régime actuel, Apollinaire Avognon a tenu à rassurer.
« Personne ne doute de la capacité de Romuald Wadagni à être Président de la République », a-t-il affirmé, tout en rejetant l’idée d’un « Talon bis ». Selon lui, le candidat dispose de sa propre personnalité et saura imprimer sa marque.
Dans le même élan, il invite les citoyens à dépasser les clivages politiques centrés sur l’actuel chef de l’État, pour se concentrer sur l’évaluation des projets et des résultats attendus.
Un appel à rompre avec la « politique-métier »
Au-delà des enjeux électoraux, le président de la NFN a profité de son passage sur la SRTB pour livrer un message fort à la jeunesse béninoise.
Il a dénoncé avec vigueur le phénomène de « politique-métier », qu’il considère comme un frein au renouvellement de la classe politique. « En Afrique, la politique ne peut pas être un métier. Il y a trop de gens qui ne font rien d’autre et qui ne veulent que faire la politique », a-t-il martelé.
Cette sortie s’inscrit dans une ligne constante du leader politique, qui milite pour une gouvernance plus éthique et une implication citoyenne fondée sur des compétences réelles et une vision de développement.
Une posture stratégique à l’approche de 2026
Par cette intervention, Apollinaire Avognon repositionne clairement la Nouvelle Force Nationale dans le jeu politique à quelques semaines d’une échéance cruciale.
Entre ouverture stratégique et exigence programmatique, la NFN entend peser dans le débat national sans se précipiter. Le rendez-vous du Palais des Congrès de Cotonou, où sera dévoilé le projet de société de Romuald Wadagni, s’annonce ainsi décisif pour la suite des alliances.
Une chose est certaine : pour la NFN, le soutien ne sera ni automatique ni émotionnel, mais résolument conditionné par la crédibilité des engagements proposés aux Béninois.






