Invité sur une chaîne de télévision , le candidat de l’opposition à la présidentielle du 12 avril prochain, Paul Hounkpè, a livré une analyse sans concession de la situation sociopolitique du Bénin. Entre appel au dialogue national, critique du fonctionnement institutionnel et priorités économiques, le leader politique a décliné les grandes lignes de sa vision.
« Le vivre-ensemble est suffisamment compromis »
D’entrée, Paul Hounkpè a dressé un constat préoccupant de la cohésion nationale.
« Le vivre-ensemble au Bénin est suffisamment compromis. Beaucoup de frustrations existent aujourd’hui et font que l’unité nationale n’est plus garantie », a-t-il affirmé.
Selon lui, les tensions accumulées ces dernières années fragilisent le tissu social et nécessitent une réponse politique forte.
Un appel pressant au dialogue politique
Pour le candidat, la solution passe par un dialogue inclusif.
« Il faut aller à un dialogue politique. Le peuple béninois a besoin de se retrouver pour panser les plaies, régler les frustrations, rassembler tout le monde et garantir l’unité nationale », a-t-il insisté.
Il estime que seule une concertation nationale sincère pourrait restaurer la confiance entre les acteurs politiques et renforcer la stabilité institutionnelle.
Diplomatie et réconciliation sous-régionale
Sur le plan extérieur, Paul Hounkpè a également plaidé pour un apaisement diplomatique.
« Il faut que sur le plan diplomatique, nous fassions la paix avec nos voisins de la sous-région », a-t-il déclaré.
Évoquant les relations avec les pays limitrophes, il a rappelé les liens historiques entre le Bénin et le Niger : « Le Niger et le Bénin, ce sont des relations séculaires et nous comptons les entretenir. »
Il a indiqué que, s’il accédait à la magistrature suprême, ses premières visites officielles seraient consacrées au Nigeria, au Niger, puis aux autres pays de la sous-région, traduisant ainsi sa volonté de réactiver la coopération régionale.
Institutions et processus électoral : des critiques appuyées
L’opposant a par ailleurs remis en cause le fonctionnement des institutions et l’organisation des élections.
« Les élections telles qu’elles se déroulent ces dernières années ne garantissent pas la transparence, l’équité, l’expression plurielle », a-t-il soutenu.
De façon plus globale, il a estimé que « les institutions ne constituent plus aujourd’hui de véritables contre-pouvoirs » et qu’elles dépendraient excessivement de l’exécutif.
Une orientation social-démocrate panafricaniste
Sur le plan idéologique, Paul Hounkpè s’est défini comme relevant de la « social-démocratie panafricaniste », précisant croire « fondamentalement au co-développement des pays africains ». Une position qui, selon lui, justifie son attachement à l’intégration régionale et à la solidarité continentale.
L’agriculture comme priorité stratégique
Abordant les questions économiques et sociales, le candidat a insisté sur l’urgence de lutter contre la précarité.
« La faim, la misère doivent être éradiquées », a-t-il martelé.
Il a identifié l’agriculture comme le premier levier d’action de son éventuel mandat. « Le premier maillon sur lequel nous allons travailler, c’est l’agriculture », a-t-il expliqué, promettant de favoriser l’émergence de véritables entrepreneurs agricoles.
L’objectif affiché est double : garantir l’autosuffisance alimentaire et développer des filières exportatrices capables de générer des devises.
À quelques semaines de l’échéance présidentielle, cette sortie médiatique sur Tempo TV marque une nouvelle étape dans la campagne du candidat de l’opposition, qui mise sur le dialogue, la réforme institutionnelle et la relance agricole pour convaincre l’électorat.






