Le dimanche 8 février 2026, l’histoire politique du Bénin a franchi une étape majeure avec l’installation officielle des 109 députés de la 10ᵉ législature de l’Assemblée nationale, issus des élections du 11 janvier 2026 . Dans une configuration inédite, cette nouvelle mandature démarre sans opposition parlementaire, ce qui pose d’emblée des enjeux institutionnels et politiques profonds pour le pays .
Un Parlement homogène et un président élu à l’unanimité
Joseph Fifamè Djogbénou, figure centrale de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), a été élu président de l’Assemblée nationale à l’unanimité des 109 députés, sans qu’aucun autre candidat ne soit proposé. Cette élection intervient dans un contexte où la majorité présidentielle détient l’intégralité des sièges, à la suite d’un scrutin marqué par l’absence d’élus de l’opposition.
Ancien président de la Cour constitutionnelle et proche allié du chef de l’État, Patrice Talon, Joseph Djogbénou assume désormais la présidence d’un Parlement qui jouera un rôle structurant jusqu’en 2033, la durée de la législature ayant été portée à sept ans par les dernières réformes constitutionnelles.
Les défis institutionnels majeurs
L’un des défis principaux de cette 10ᵉ législature est de préserver et renforcer le pluralisme démocratique, malgré l’absence de députés d’opposition organisée au sein de l’hémicycle. Dans un régime démocratique moderne, l’Assemblée nationale n’est pas seulement un lieu de vote des lois, mais aussi un espace de dialogue et de contrôle de l’action gouvernementale ; or, cette fonction peut être mise à l’épreuve lorsqu’une seule mouvance domine largement les débats parlementaires.
La légitimité des décisions prises par un Parlement homogène pourrait être questionnée par certains citoyens et acteurs politiques, surtout si les lois adoptées sont perçues comme reflétant principalement la ligne du pouvoir exécutif plutôt que la diversité des opinions au sein de la société béninoise.
Faire vivre le rôle de contrôle parlementaire
Un second défi important pour le président Djogbénou et les députés est le renforcement effectif du contrôle de l’action gouvernementale, notamment par des mécanismes parlementaires tels que les questions au gouvernement, les commissions d’enquête ou les débats publics. Cela implique d’éviter qu’une majorité confortable ne se transforme en docilité face au gouvernement, mais plutôt en un exercice responsable et critique du pouvoir législatif.
Répondre aux attentes sociales et économiques
Au-delà des questions politiques, l’Assemblée nationale devra s’atteler à des défis socio-économiques pressants : répondre aux attentes en matière d’emploi, d’éducation, de santé, d’infrastructures et de développement local. Dans un contexte où la population attend des solutions concrètes, le Parlement est appelé à proposer et adopter des lois qui favorisent le croissance inclusive et l’amélioration du cadre de vie des Béninois.
Assurer la cohérence institutionnelle post-réforme
Suite aux réformes constitutionnelles récentes, notamment l’allongement du mandat des députés et l’ajustement du cadre institutionnel, l’Assemblée nationale se trouve face à un travail d’adaptation juridique et institutionnelle, afin d’assurer que ces nouvelles dispositions servent réellement les intérêts du pays et renforcent la cohésion des institutions.
Dans ce contexte, le mandat de Joseph Djogbénou à la tête de l’Assemblée nationale s’annonce décisif pour la consolidation de la démocratie béninoise et la réussite des réformes politiques et sociales en cours. Alors que la législature s’étend jusqu’en 2033, les choix faits dans les premiers mois de ce nouveau chapitre pourraient définir durablement l’orientation politique du Bénin pour les années à venir.






