Journée mondiale de la liberté de la presse 2026 : la PADeM-Bénin appelle à un sursaut collectif pour défendre une presse libre et responsable

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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À l’occasion de la 33ᵉ édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée ce dimanche 03 mai 2026, le message du président de la PADeM-Bénin, Ilarion Kingnon, a été officiellement lu, livrant une analyse à la fois lucide et engagée sur l’état de la liberté de la presse au Bénin.

Placée sous le thème « Façonner un avenir de paix : promouvoir la liberté de la presse pour les droits humains, le développement et la sécurité », cette journée a servi de tribune pour interpeller autorités et professionnels des médias.

Dans son message, le président de la PADeM-Bénin a rappelé que la paix ne peut s’enraciner durablement sans une presse libre et indépendante. « La paix ne s’impose pas par décret. Elle se cultive », a-t-il affirmé, soulignant que la liberté d’informer demeure une condition essentielle à toute société démocratique.

Un tableau préoccupant de la liberté de la presse

Le message dresse un constat sans détour de la situation actuelle. Entre pressions judiciaires, restrictions de liberté, difficultés économiques des médias et autocensure grandissante, le climat médiatique apparaît de plus en plus fragile. Le président évoque notamment des journalistes inquiétés pour leurs écrits, des organes de presse suspendus sans préavis, ainsi qu’un accès encore limité à l’information publique.

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Il s’appuie également sur le dernier rapport de Reporters sans frontières, publié le 30 avril 2026 à Dakar, qui classe le Bénin à la 113ᵉ place sur 180 pays, soit un recul de 21 rangs en un an. Un signal jugé alarmant, mais non irréversible.

Un appel adressé aux nouvelles autorités

Dans son message, la PADeM-Bénin interpelle aussi le nouveau président élu, Romuald Wadagni. Si son programme politique est salué pour son ambition globale, l’organisation regrette l’absence de mesures claires en faveur de la presse.

« Peut-on construire un Bénin émergent sans ceux qui éclairent la société ? », s’interroge le président de la PADeM-Bénin, plaidant pour une meilleure prise en compte du rôle stratégique des médias dans le développement national.

Des propositions concrètes pour soutenir le secteur

Loin de se limiter à un simple plaidoyer, la PADeM-Bénin formule plusieurs recommandations. Elle appelle notamment à :

  • la mise en œuvre effective de l’aide de l’État à la presse privée ;
  • l’opérationnalisation du Fonds d’appui au développement des médias ;
  • l’instauration d’allègements fiscaux adaptés aux réalités du secteur ;
  • la promotion de partenariats transparents entre institutions et médias ;
  • le renforcement de la formation continue des journalistes.

Pour l’organisation, une presse économiquement viable et professionnellement outillée constitue un rempart contre la désinformation et un pilier de la démocratie.

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Un devoir d’exemplarité pour les journalistes

Le message s’adresse également aux professionnels des médias, invités à faire preuve de rigueur, d’éthique et de responsabilité. Face aux dérives possibles, le président appelle à résister aux pressions financières et à combattre activement la désinformation.

« L’éthique n’est pas un accessoire. La vérification est notre boussole », a-t-il insisté, rappelant que la crédibilité de la presse repose avant tout sur son intégrité.

Deux appels pour préserver la liberté de la presse

La PADeM-Bénin a formulé deux appels majeurs :

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  • Aux autorités, pour garantir le respect de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en privilégiant le dialogue et en révisant les dispositions jugées contraignantes pour la presse ;
  • Aux journalistes, pour défendre leur mission avec responsabilité, solidarité et professionnalisme.

Une promesse plutôt qu’une célébration

En conclusion, le président de la PADeM-Bénin a insisté sur le sens profond de cette journée. « Cette Journée n’est pas une fête. C’est une promesse », a-t-il déclaré, appelant à un engagement renouvelé pour que plus aucun journaliste ne soit inquiété pour ses écrits.

Pour la PADeM-Bénin, la paix durable passe inévitablement par une presse libre, indépendante et responsable. Un idéal qui, selon ses responsables, ne peut être atteint que par un effort collectif.

MESSAGE DU PRÉSIDENT DE LA PADeM-BÉNIN
À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2026

Consœurs, confrères,
Chers professionnels des médias,

Ce dimanche 03 mai, la communauté internationale célèbre la 33è édition de la Journée mondiale de la Liberté de la presse. Elle est placée sous le thème : « Façonner un avenir de paix : promouvoir la liberté de la presse pour les droits humains, le développement et la sécurité ». A cette occasion, la PADeM-Bénin choisit les mots justes. Parlons vrai, parlons calme.

La paix ne s’impose pas par décret. Elle se cultive. Et elle fleurit rarement là où les micros hésitent, où les claviers tremblent, où la vérité se murmure. Aujourd’hui au Bénin, informer demande parfois plus de courage que d’encre.

Osons regarder la réalité : des journalistes inquiétés pour un article, d’autres privés de liberté pour un éditorial ; des médias étranglés financièrement ou suspendus sans préavis ; un Code du numérique qui fait planer une ombre sur nos rédactions ; un accès à l’information publique qui se fait timide ; une autocensure qui s’invite à nos conférences de rédaction. Le dernier rapport de Reporters sans frontières, rendu public à Dakar le 30 avril 2026, nous classe 113e sur 180 pays. Un recul de 21 places en une année. Ce n’est pas une fatalité. C’est un signal.

Et le nouveau Président de la République élu, Romuald Wadagni ? Son programme séduit par son ambition. Pourtant, la presse y cherche encore sa partition. Pas de note claire. Pas de mesure dédiée. Comme un silence dans un discours. Or peut-on vraiment dessiner un Bénin émergent en laissant dans l’angle mort ceux qui éclairent la société ? Nous croyons que non.

La PADeM-Bénin ne quémande pas. Elle propose.
Propose que l’aide de l’État à la presse privée cesse d’être un mirage et devienne un soutien concret.
Propose que le Fonds d’appui au développement des médias quitte les cartons pour irriguer nos rédactions.
Propose des allègements fiscaux réfléchis, à la hauteur des fragilités de nos entreprises de presse.
Propose des partenariats équilibrés entre institutions et médias, loin des arrangements opaques.
Propose un grand chantier de formation continue, car un journaliste bien outillé est le premier rempart contre la rumeur.

Disons-le simplement : sans presse libre, le développement boîte. Sans journalistes sereins, la vérité bégaie. Sans médias indépendants, la paix reste un vœu pieux.

Ce message s’adresse aussi à nous, gens de plume et de micro. Refusons la facilité. Résistons à l’argent qui compromet. Combattons la désinformation qui nous affaiblit. L’éthique n’est pas un accessoire. La vérification est notre boussole. La solidarité, notre force. Si nous voulons être respectés, soyons exemplaires. Si nous voulons la liberté, chérissons la responsabilité.

La PADeM-Bénin lance donc deux appels fraternels :

  1. Aux autorités : Le Bénin est signataire de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Honorons cette signature. Revoyons ensemble les dispositions qui inquiètent. Privilégions le dialogue à la sanction. Protéger la presse, c’est protéger la République.
  2. Aux journalistes : Gardons la tête haute et la plume droite. Aucun sujet ne mérite qu’on y laisse sa vie, mais aucune pression ne doit éteindre notre mission. Face au doute, répondons par plus de rigueur. Face à la division, répondons par plus d’unités. Seuls, nous sommes vulnérables. Ensemble, nous sommes crédibles.

Consoeurs, confrères, cette Journée n’est pas une fête. C’est une promesse. La promesse de nous battre pour qu’aucun journaliste ne craigne la prison pour un mot, pour qu’aucune radio n’hésite avant une enquête, pour qu’aucun site ne s’éteigne sans le regard d’un juge.

La paix se façonne avec des journalistes libres. Elle grandit avec des journalistes responsables.

Avec la PADeM-Bénin, cheminons ensemble car ensemble, on est plus fort.

Fait à Cotonou, le 2 mai 2026
PADeM-Bénin

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.