Avec 18,80/20 au Bac 2026, Rayan Seton Egbogbé a décroché la meilleure moyenne nationale. Loin de bannir téléphone, télévision, réseaux sociaux ou jeux vidéo de son quotidien, le jeune bachelier a choisi de les intégrer à son organisation, avec une règle essentielle : ne jamais perdre de vue ses objectifs.
Les écrans sont-ils forcément les ennemis de la réussite scolaire ? Le parcours de Rayan Seton Egbogbé invite à nuancer le débat. Alors que l’usage du téléphone, des réseaux sociaux, de la télévision ou encore des jeux vidéo est souvent présenté comme un obstacle à la concentration des élèves, le meilleur bachelier du Bénin en 2026 raconte une expérience sensiblement différente.
Avec une moyenne exceptionnelle de 18,80/20 au Baccalauréat 2026, Rayan n’a pas vécu son année scolaire à l’écart des écrans. Bien au contraire. Téléphone à portée de main, télévision dans son champ de vision, réseaux sociaux régulièrement consultés et jeux vidéo au programme de ses moments de détente : le jeune homme assume pleinement ces usages.
Pour autant, ces loisirs ne l’ont pas détourné de ses études. « Je ne pense pas qu’il y ait des outils qui freinent le développement et la croissance d’un enfant, à condition d’être bien gérés et d’être bien suivis », explique-t-il dans une interview exclusive accordée à Banouto.
Une question de discipline plus que d’interdiction
Pour Rayan, le véritable enjeu ne réside donc pas dans la présence des écrans, mais dans la capacité de l’élève à en maîtriser l’usage. Sa table d’étude fait même face au téléviseur. Une situation qui pourrait sembler surprenante dans une famille soucieuse de préserver la concentration d’un candidat au Bac.
Mais le jeune bachelier estime que la discipline personnelle peut faire la différence.
Il utilise notamment les réseaux sociaux pour effectuer des recherches, mais aussi pour suivre l’actualité, notamment politique, un domaine qui l’intéresse particulièrement. Les jeux vidéo et les autres formes de divertissement lui servent, eux, de moyens de décompression.
« J’utilise beaucoup les réseaux sociaux pour les recherches. J’aime beaucoup la politique. […] Ça me permet vraiment de déstresser », confie-t-il.
Une approche qui repose sur une idée simple : le temps consacré au divertissement ne doit pas empiéter sur celui réservé au travail.
La confiance des parents comme cadre
Dans cette organisation, Rayan souligne également le rôle joué par ses parents. Plutôt que de multiplier les interdictions et les contrôles permanents, ceux-ci lui ont accordé leur confiance, tout en l’accompagnant dans ses choix.
Cette liberté encadrée semble avoir renforcé chez lui le sens des responsabilités. Conscient de ses ambitions, le jeune homme dit avoir lui-même fixé ses limites.
« Je suis quelqu’un de très, très ambitieux. Je ne veux pas me permettre de rester scotché à mon téléphone au point de laisser mes études », affirme-t-il.
Autrement dit, la confiance ne signifie pas l’absence de règles. Elle suppose aussi que l’élève soit suffisamment conscient de ses priorités pour savoir quand poser son téléphone, éteindre la télévision ou interrompre une partie de jeu.
Travail, repos et divertissement : une routine bien réglée
Derrière la performance de Rayan se trouve surtout une organisation méthodique. Le jeune homme explique s’être imposé des routines permettant d’équilibrer plusieurs dimensions de son quotidien.
« Je me suis donné des routines de travail, de repos et de divertissement, parce que c’est bien de travailler, mais c’est aussi bien de se détendre », explique-t-il.
En semaine, l’essentiel de son temps est consacré au travail scolaire. Il cherche notamment à prendre de l’avance sur les cours afin de ne pas se retrouver submergé à l’approche des examens.
Lorsque les épreuves se rapprochent, sa méthode évolue. Il concentre davantage ses efforts sur les notions qu’il maîtrise moins, revient sur les sujets des années précédentes et étudie les parcours des anciens premiers au Bac au Bénin afin de s’inspirer de leurs méthodes de travail.
Le week-end, pas question de tout sacrifier
Son organisation ne s’arrête pas aux jours de classe. Le samedi matin, Rayan participe aux travaux dirigés, de 7 heures à midi. Après plusieurs heures de travail, il s’accorde un véritable temps de récupération.
« Je me couche, je me repose normalement », raconte-t-il.
Le reste du week-end est ensuite consacré à la préparation de la semaine suivante. Une méthode qui lui permet de maintenir un rythme régulier sans transformer chaque moment de sa vie en séance de révision.
Cette capacité à alterner effort et détente semble avoir constitué l’un des ressorts de sa réussite.
L’exemple d’une autre approche des écrans
Le parcours de Rayan ne signifie évidemment pas que les écrans sont sans risque pour les élèves. Un usage excessif, incontrôlé ou incompatible avec les exigences scolaires peut effectivement perturber l’organisation, la concentration et le temps de sommeil.
Son témoignage montre toutefois qu’une approche fondée uniquement sur l’interdiction n’est pas nécessairement la seule réponse. Le véritable défi réside aussi dans l’apprentissage de l’autodiscipline et dans la capacité à utiliser les outils numériques à bon escient.
Chez Rayan Seton Egbogbé, téléphone, télévision, réseaux sociaux et jeux vidéo n’ont donc pas été supprimés. Ils ont été mis à leur place.
Avec 18,80/20 au Bac 2026, son parcours rappelle finalement une règle essentielle : ce ne sont pas toujours les outils qui déterminent la réussite, mais la manière dont on choisit de les utiliser. Le jeune homme a surtout appris à savoir quand travailler, quand se reposer et quand se divertir, sans jamais perdre de vue l’objectif qu’il s’était fixé.



