11 ans après sa disparition : Mathieu Kérékou, le Caméléon qui a marqué l’histoire du Bénin

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Ce mercredi 14 octobre 2026 marque le onzième anniversaire du décès du général Mathieu Kérékou. Onze ans après sa disparition, l’ancien président de la République demeure une figure incontournable de l’histoire politique béninoise. Surnommé le « Caméléon », il a dirigé le pays pendant près de trois décennies, à travers deux périodes politiques profondément différentes.

Le temps passe, mais le souvenir reste. Onze ans après le décès du général Mathieu Kérékou, survenu le 14 octobre 2015 à Cotonou, le Bénin se souvient de l’un des dirigeants qui ont le plus profondément marqué son histoire contemporaine. Militaire de formation, chef de l’État pendant plusieurs années et acteur majeur de la transition démocratique du début des années 1990, il a laissé derrière lui un parcours politique fait de ruptures, de transformations et de moments décisifs pour la nation béninoise.

Né le 2 septembre 1933 à Kouarfa, dans le département de l’Atacora, Mathieu Kérékou a construit sa carrière au sein de l’armée avant de s’imposer sur la scène politique nationale. Le 26 octobre 1972, il accède au pouvoir à la faveur d’un coup d’État militaire qui met fin au régime du Conseil présidentiel. Cette prise de pouvoir marque le début d’une longue période de direction politique du pays.

De la révolution à la Conférence nationale

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Sous sa conduite, le Dahomey connaît une transformation politique majeure. En 1975, le pays prend le nom de République populaire du Bénin et s’engage officiellement dans une orientation marxiste-léniniste. Le régime met en place un système politique centralisé, marqué par le rôle prépondérant du parti au pouvoir et par la limitation du pluralisme politique.

Cependant, à la fin des années 1980, le modèle politique et économique montre ses limites. Le pays est confronté à de sérieuses difficultés économiques et sociales, tandis que les revendications en faveur des libertés et du changement politique se multiplient.

En février 1990, la Conférence nationale des forces vives ouvre une nouvelle page de l’histoire du Bénin. Cette rencontre historique conduit à la remise en cause du système politique en place et à l’engagement du pays sur la voie du pluralisme démocratique. Mathieu Kérékou accepte le processus de transition, qui aboutit à l’organisation d’élections pluralistes en 1991.

Battu lors de la présidentielle de cette année par Nicéphore Dieudonné Soglo, il quitte le pouvoir après près de deux décennies à la tête de l’État. Cette alternance constitue un tournant important dans l’histoire politique béninoise.

Le retour par les urnes

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L’histoire politique de Mathieu Kérékou ne s’arrête pourtant pas à son départ du pouvoir. En 1996, il revient sur le devant de la scène et remporte l’élection présidentielle face à Nicéphore Soglo. Cette victoire marque son retour à la tête du pays, cette fois par la voie des urnes.

Réélu en 2001, il dirige le Bénin jusqu’en 2006. Durant cette seconde période, le pays poursuit son expérience du pluralisme politique, même si son bilan reste diversement apprécié selon les acteurs politiques et les observateurs.

À la fin de son second mandat, Mathieu Kérékou quitte définitivement le pouvoir. Les dispositions constitutionnelles relatives à la limitation du nombre de mandats et à l’âge des candidats ne lui permettent pas de briguer un nouveau mandat. Son départ ouvre la voie à l’accession de Thomas Boni Yayi à la magistrature suprême.

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Le parcours de l’ancien président présente ainsi une singularité : après avoir accédé au pouvoir par un coup d’État, il est revenu à la tête de l’État grâce à une élection démocratique, avant de céder le fauteuil présidentiel à son successeur en 2006.

Le « Caméléon », une figure aux multiples facettes

Le surnom de « Caméléon », souvent associé à Mathieu Kérékou, traduit les différentes transformations qui ont jalonné sa carrière. D’abord dirigeant militaire, puis chef d’un régime révolutionnaire, il a ensuite accepté l’ouverture démocratique avant de revenir au pouvoir par les urnes.

Sa personnalité réservée, son style politique et sa longévité au sommet de l’État ont contribué à faire de lui un personnage singulier de la vie publique béninoise.

Mais son héritage ne se résume pas à sa capacité d’adaptation. Son passage au pouvoir demeure également associé aux interrogations sur les libertés politiques sous le régime révolutionnaire, aux difficultés économiques de cette période et aux conditions dans lesquelles le pays a amorcé sa transition démocratique.

Cette double dimension fait de Mathieu Kérékou une personnalité complexe, dont le parcours continue d’alimenter les réflexions sur l’évolution politique du Bénin.

Onze ans après, quelle place dans la mémoire nationale ?

Décédé le 14 octobre 2015 à l’âge de 82 ans, le général Mathieu Kérékou avait bénéficié d’un deuil national et d’obsèques officielles qui avaient mobilisé de nombreuses personnalités politiques, des représentants des institutions et des citoyens venus de différentes régions du pays.

Onze ans après sa disparition, son nom reste attaché à plusieurs moments déterminants de l’histoire nationale : le coup d’État de 1972, l’expérience révolutionnaire, la Conférence nationale de 1990, le retour au pouvoir en 1996 et l’alternance présidentielle de 2006.

Au-delà des hommages rendus à sa mémoire, cet anniversaire offre l’occasion de revisiter son parcours avec le recul nécessaire. Il invite notamment les nouvelles générations à mieux comprendre les transformations politiques traversées par le Bénin et les étapes qui ont contribué à façonner ses institutions actuelles.

Le général Mathieu Kérékou appartient désormais à l’histoire. Mais les débats sur son héritage, ses choix politiques et son rôle dans la construction de l’État béninois demeurent ouverts. Onze ans après sa disparition, le « Caméléon » continue ainsi d’occuper une place particulière dans la mémoire collective d’un pays dont il aura accompagné, et parfois profondément bouleversé, le destin politique.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.