Reçu en audience par le président de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), Édouard C. Loko, ce lundi 19 octobre 2026 à Cotonou, Claudy Siar, chargé de mission du président de la République à la Culture, aux Médias et à la Visibilité du Bénin, a plaidé pour un renforcement du rôle des médias béninois dans la promotion de l’image du pays. Il a également annoncé la tenue prochaine d’assises consacrées à l’avenir de la presse nationale.
Quelle place les médias béninois doivent-ils occuper dans un environnement marqué par une circulation toujours plus rapide de l’information ? C’est l’une des préoccupations au cœur des échanges entre le président de la HAAC, Édouard C. Loko, et Claudy Siar, directeur de l’agence « Bénin Influence » et chargé de mission du chef de l’État à la Culture, aux Médias et à la Visibilité du Bénin.
Au cours de cette audience tenue au siège de l’institution de régulation à Cotonou, les deux personnalités ont évoqué les perspectives de collaboration en vue de donner davantage de visibilité au Bénin, à son patrimoine culturel et aux compétences de ses ressortissants. L’enjeu est également de permettre aux médias nationaux de mieux porter la voix du pays sur les scènes africaine et internationale.
À sa sortie d’audience, Claudy Siar a expliqué la nécessité de rencontrer le président de la HAAC afin d’examiner les actions concrètes susceptibles d’être menées conjointement. Il a notamment insisté sur l’importance de consolider la présence du Bénin dans un univers médiatique en pleine mutation, où la maîtrise de l’information et de la communication constitue un levier majeur d’influence.
Médias publics et privés : un défi commun
Dans cette perspective, le chargé de mission du président de la République a salué les ambitions affichées par la Société de radio et de télévision du Bénin (SRTB S.A.) lors de sa conférence de rentrée, organisée le samedi 17 octobre 2026.
Pour lui, la dynamique de modernisation et de professionnalisation engagée dans les médias de service public doit également profiter à la presse privée. Celle-ci a, selon lui, un rôle essentiel à jouer dans la construction et la diffusion d’une image fidèle du Bénin, de ses transformations et de ses ambitions.
« Nous avons une montée en gamme avec le service public, il faut aussi s’interroger sur le rôle des médias privés, qui ont à cœur de montrer le Bénin tel qu’il est, dans son renouveau, dans son dynamisme, dans sa volonté d’avoir un impact très fort, d’impacter pas seulement les populations béninoises, mais également l’Afrique et à l’international », a-t-il déclaré.
Au-delà de la qualité des contenus diffusés, Claudy Siar invite les professionnels des médias à s’interroger sur leur capacité à définir et à promouvoir leur propre récit national. L’objectif est de faire en sorte que le Bénin puisse présenter lui-même ses réalisations, ses valeurs et ses projets, plutôt que de laisser d’autres acteurs raconter son évolution à sa place.
« Nous sommes de grands professionnels et nous faisons pour nous ce qui doit être vu à l’extérieur, c’est-à-dire nos ambitions, ce que nous voulons dire de nous et pas ce que les autres disent de nous », a-t-il souligné.
Cette démarche repose sur une conviction : les médias béninois doivent disposer des moyens nécessaires pour produire des contenus de qualité, valoriser les initiatives nationales et toucher des publics au-delà des frontières du pays.
Bientôt des assises de la presse et des médias béninois
L’annonce majeure issue de cette rencontre concerne l’organisation prochaine des assises de la presse et des médias béninois. Cette initiative entend ouvrir une réflexion collective sur l’identité, les ambitions et les perspectives d’évolution du paysage médiatique national.
Deux interrogations fondamentales devraient guider les travaux, selon Claudy Siar : « Qui sommes-nous et où voulons-nous aller ? »
Ces assises devraient notamment permettre aux acteurs du secteur de réfléchir aux difficultés auxquelles les entreprises de presse sont confrontées et d’identifier des pistes de solutions adaptées aux réalités du marché médiatique béninois.
La viabilité économique des médias, l’amélioration de leurs conditions de fonctionnement, le renforcement de leur professionnalisme et leur contribution à la visibilité du pays figurent parmi les enjeux soulevés par cette démarche.
Au-delà des échanges entre professionnels, l’ambition est de favoriser l’émergence d’un environnement médiatique plus solide, capable de répondre aux attentes des populations tout en accompagnant le rayonnement du Bénin.
Pour Claudy Siar, le pays doit pouvoir compter sur des médias nationaux suffisamment performants et influents pour faire entendre leur voix dans un espace informationnel de plus en plus concurrentiel. « Il est temps qu’au Bénin, nos médias soient plus puissants que des médias étrangers », a-t-il conclu.
À travers cette initiative annoncée à l’issue de son audience avec Édouard C. Loko, le débat sur l’avenir de la presse béninoise s’oriente ainsi vers des questions essentielles : les moyens de son développement, son indépendance économique, la qualité de ses productions et sa capacité à peser davantage dans le récit du Bénin, en Afrique comme à l’international.




