Recettes douanières: Le colonel Raouf Malèhossou Aboudou à l’offensive pour renforcer les performances et sécuriser les recettes de l’État  (Lutte contre la fraude, contrôles renforcés et digitalisation des procédures)

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Avec 378,4 milliards de FCFA mobilisés au premier semestre 2026, contre 407,8 milliards à la même période en 2025, les Douanes béninoises font face à un défi de taille. Depuis sa prise de fonction en juin, le colonel Raouf Malèhossou Aboudou mise sur le renforcement des contrôles et la modernisation des procédures pour sécuriser les recettes publiques. L’objectif annuel de 947,4 milliards de FCFA place désormais l’administration face à une exigence de résultats.

Aux Douanes béninoises, la mobilisation des recettes publiques constitue un enjeu majeur pour les finances de l’État. Sous la direction du colonel Raouf Malèhossou Aboudou, nommé en Conseil des ministres le 3 juin 2026 et installé le 8 juin, plusieurs mesures visent à renforcer la surveillance des marchandises, à limiter les risques de fraude et à améliorer l’efficacité des opérations de dédouanement.

Le chantier est stratégique. Les irrégularités dans les déclarations, la sous-évaluation des marchandises et les défaillances dans le suivi des opérations peuvent compromettre le recouvrement des droits et taxes légalement dus au Trésor public.

Pour le directeur général, l’enjeu consiste à renforcer les mécanismes de contrôle, à moderniser les procédures et à améliorer la performance des services. Mais au-delà des mesures engagées, une question demeure : l’administration parviendra-t-elle à inverser la tendance observée au premier semestre et à se rapprocher de son objectif annuel ?

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Véhicules et engins lourds : la traçabilité renforcée

La lutte contre la fraude figure parmi les principaux axes d’action de la Direction générale des Douanes et Droits indirects.

Dans cette perspective, une note de service signée le 20 août 2026 a instauré une procédure renforcée pour l’acheminement des véhicules et des engins lourds aux frontières terrestres vers les services douaniers compétents.

Le dispositif prévoit notamment l’utilisation d’un titre de transit et d’un système de géolocalisation afin d’assurer une meilleure traçabilité des déplacements. Il comprend également une identification détaillée des véhicules, un contrôle physique approfondi et une vérification de leur valeur en douane, qui sert de base au calcul des droits et taxes.

L’objectif est de mieux encadrer les mouvements de ces véhicules et de limiter les risques de détournement, de déclarations irrégulières ou de sous-évaluation susceptibles d’entraîner des pertes de recettes pour l’État.

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La valeur en douane constitue en effet un élément déterminant dans la liquidation des droits et taxes. Des déclarations inexactes peuvent réduire les montants dus au Trésor public. Un contrôle rigoureux doit donc contribuer à améliorer la conformité des opérations et à sécuriser les recettes.

L’efficacité de cette mesure dépendra toutefois de son application sur le terrain, de la qualité des vérifications et de la capacité des services à exploiter les données recueillies. La sécurisation des recettes ne repose pas uniquement sur l’adoption de nouvelles procédures, mais également sur leur mise en œuvre et leur suivi au quotidien.

Recettes douanières : 29,4 milliards FCFA de moins qu’en 2025

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Les chiffres du premier semestre 2026 mettent en évidence l’ampleur du défi.

Selon les données rapportées par Le Béninois Libéré dans sa publication du 25 septembre 2026, les Douanes béninoises ont mobilisé 378,4 milliards de FCFA entre janvier et juin 2026, contre 407,8 milliards de FCFA au cours de la même période en 2025.

La différence représente un recul de 29,4 milliards de FCFA, soit environ 7,2 % en glissement annuel.

Cette baisse constitue un indicateur important, mais elle ne peut être interprétée indépendamment de l’évolution des échanges commerciaux, de la structure des importations, des mesures fiscales applicables et des autres facteurs susceptibles d’influencer les recettes.

Dans le même temps, les résultats trimestriels font apparaître une progression des encaissements au cours du premier semestre.

Les recettes sont passées de 178,7 milliards de FCFA au premier trimestre à 199,7 milliards au deuxième, soit une hausse de 21 milliards de FCFA, correspondant à environ 11,7 %.

Cette progression constitue un signal encourageant dans l’évolution des recettes entre deux trimestres successifs. Elle ne permet cependant pas d’établir un lien direct avec les réformes engagées par le nouveau directeur général. Celui-ci n’ayant pris ses fonctions qu’en juin, l’essentiel des recettes du premier semestre a été mobilisé avant son arrivée ou au moment de sa prise de fonction.

L’évaluation de son action nécessitera donc des données comparables portant sur les périodes suivantes, ainsi qu’une analyse des facteurs économiques et commerciaux susceptibles d’influencer les résultats.

Une interrogation demeure : cette progression trimestrielle pourra-t-elle se poursuivre au second semestre et contribuer à réduire l’écart avec les performances de 2025 ?

Sèmè-Kraké : le pari de la modernisation numérique

La sécurisation des recettes douanières passe aussi par la modernisation des procédures et une meilleure coordination des contrôles aux frontières.

À cet égard, le poste de contrôles juxtaposés de Sèmè-Kraké, à la frontière entre le Bénin et le Nigeria, constitue un chantier stratégique.

Le 11 septembre 2026, les administrations douanières des deux pays ont lancé un projet pilote de modernisation du dispositif frontalier. L’initiative repose notamment sur l’interconnexion des systèmes informatiques, l’échange sécurisé des données et une meilleure coordination des procédures de contrôle.

L’objectif annoncé est de réduire les délais de passage des marchandises, estimés entre 12 et 36 heures, pour les ramener à moins de trois heures.

Si cette ambition se concrétise, les opérateurs économiques pourraient bénéficier d’un gain de temps considérable, tandis que la réduction des attentes contribuerait à limiter les coûts liés à l’immobilisation des marchandises.

Pour les administrations douanières, la digitalisation présente également un intérêt opérationnel. Elle peut faciliter le ciblage des opérations à risque, améliorer la traçabilité des marchandises et accélérer la circulation des informations nécessaires aux contrôles.

Le défi consiste à concilier la fluidité des échanges et la sécurisation des recettes. Il s’agit de faciliter le passage des marchandises conformes tout en maintenant une surveillance suffisante pour prévenir les pratiques frauduleuses.

La performance douanière se mesure ainsi autant à la qualité des contrôles qu’à la capacité de l’administration à faciliter le commerce légal.

947,4 milliards FCFA : l’objectif qui fixe le cap

Pour l’exercice 2026, l’objectif annuel de recettes douanières communiqué dans les données budgétaires s’élève à 947,4 milliards de FCFA.

Au 30 juin, les 378,4 milliards de FCFA mobilisés représentaient environ 39,9 % de cette prévision. Il restait donc 569 milliards de FCFA à recouvrer au cours du second semestre pour atteindre l’objectif fixé.

Ce niveau d’exigence souligne l’importance des efforts attendus durant les derniers mois de l’année.

La lutte contre la fraude, le contrôle de la valeur des marchandises, le suivi des créances douanières et le renforcement des contrôles après dédouanement constituent autant de leviers susceptibles d’améliorer la mobilisation des ressources.

Toutefois, l’atteinte de l’objectif ne dépend pas exclusivement des mesures prises par l’administration. Le volume des échanges, la composition des importations et la conjoncture économique peuvent également influer sur les recettes.

L’évaluation des performances devra donc s’appuyer sur des données régulièrement actualisées, permettant de comparer les montants recouvrés aux prévisions budgétaires et aux résultats des années précédentes.

L’enjeu ne consiste pas simplement à collecter davantage, mais à garantir que les droits et taxes légalement dus soient correctement établis et effectivement recouvrés.

Malèhossou Aboudou attendu sur les résultats

La prise de fonction du colonel Raouf Malèhossou Aboudou ouvre une nouvelle séquence à la tête d’une administration dont les performances pèsent sur les finances publiques.

Les mesures engagées en matière de contrôle, de traçabilité et de modernisation dessinent une orientation axée sur la sécurisation des recettes et l’amélioration de l’efficacité des services. Leur portée devra cependant être appréciée à partir de résultats vérifiables.

La progression des recettes entre les deux premiers trimestres constitue un indicateur à suivre. Le recul enregistré sur l’ensemble du premier semestre par rapport à 2025 rappelle néanmoins l’ampleur des défis à relever.

La question est désormais de savoir si les dispositifs renforcés permettront de réduire les pertes liées aux irrégularités, d’améliorer le recouvrement des droits et taxes et de soutenir durablement les recettes publiques.

Un autre enjeu sera déterminant : renforcer les contrôles sans imposer de contraintes disproportionnées aux opérateurs économiques qui respectent les règles.

Car une administration douanière performante ne se mesure pas uniquement au montant des recettes encaissées. Elle se distingue également par la transparence de ses procédures, la fiabilité de ses contrôles, la qualité du service rendu aux usagers et sa capacité à accompagner les échanges commerciaux réguliers.

Pour Raouf Malèhossou Aboudou, le véritable test sera donc celui des résultats. À l’approche de la fin de l’exercice 2026, les chiffres permettront de mieux apprécier la portée des mesures engagées et la capacité de l’administration à se rapprocher de son objectif annuel.

Pour les finances publiques béninoises, l’enjeu dépasse les seules performances de la Douane : il s’agit de sécuriser les ressources légalement dues à l’État tout en consolidant un système douanier efficace, transparent et favorable au commerce régulier.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.