Femmes en politique : au-delà des quotas, l’urgence d’une véritable transformation sociale selon Joseph Djogbenou

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Les quotas permettent aux femmes d’accéder aux institutions. Mais suffisent-ils à transformer leur place dans la société ? Derrière cette interrogation se dessine un enjeu majeur : comment faire de la représentation politique des femmes un véritable levier de développement national ? Car l’accès aux responsabilités, aussi nécessaire soit-il, ne garantit pas à lui seul une transformation des réalités sociales, économiques et culturelles.« Ce n’est pas seulement pour l’épanouissement de la femme qu’il faut œuvrer pour la promotion de la femme, mais aussi pour le pays. » Exprimée en juillet dernier devant une délégation d’ONU Femmes, cette conviction de Joseph Fifamin Djogbénou, président de l’Assemblée nationale du Bénin, traduit une approche qui ne réduit pas l’égalité à une revendication catégorielle. Elle en fait une exigence de progrès collectif : aucune nation ne peut pleinement valoriser ses potentialités en laissant une partie de ses ressources humaines à l’écart des responsabilités et des opportunités économiques.Institutionnellement, les progrès enregistrés au Bénin sont significatifs. De six députées en 2019, l’Assemblée nationale en compte aujourd’hui 28. Cette évolution illustre l’efficacité des mécanismes juridiques, mais soulève une autre question : comment convertir cette conquête de la représentation en possibilités nouvelles pour celles qui demeurent éloignées des centres de décision ?C’est tout le sens de l’appel lancé par Djogbénou au Caucus des femmes députées, le 25 octobre 2026 à Savalou, lors de son assemblée générale élective. En invitant ses membres à constituer un véritable « groupe d’action publique », il leur propose de dépasser le cadre de leur représentation parlementaire pour devenir un moteur de promotion des femmes et des jeunes filles. Le Caucus pourrait ainsi mettre son influence au service de l’éducation des filles, de l’autonomisation économique et de l’accès aux responsabilités.Une telle orientation ouvre des perspectives concrètes. Pourquoi, par exemple, ne pas envisager de réserver une part, même modeste, des marchés
Publics aux entreprises dirigées par des femmes, dans un cadre juridique approprié ? Le Togo a déjà institué un mécanisme de cette nature au profit des jeunes et des femmes entrepreneurs. Au Nigeria, l’État de Kaduna a également instauré des dispositifs favorisant l’accès des entreprises féminines à la commande publique. Sans transposer mécaniquement ces expériences, leur examen pourrait inspirer des mesures adaptées au contexte béninois. L’enjeu est de faire en sorte que les progrès de la représentation politique s’accompagnent d’opportunités économiques réelles.Mais cette ambition ne saurait reposer sur les seules mesures institutionnelles et économiques. À Savalou, Djogbénou a également interpellé les autorités traditionnelles. Saluant la présence de Dada Gbaguidi XV, roi de Savalou, il a invité les chefs traditionnels à accompagner, au sein des communautés, les efforts destinés à renforcer la place des femmes et des jeunes filles. Cette démarche traduit une conviction essentielle : les avancées du droit ne peuvent produire tous leurs effets sans une évolution des mentalités et des pratiques sociales.Les partis politiques ont, eux aussi, une responsabilité particulière, tant dans les investitures que dans l’accès des femmes aux fonctions dirigeantes et aux moyens de compétition électorale. Cette exigence, Djogbénou l’a également portée dans la pratique. À la tête de l’Union progressiste le Renouveau, il a signé, le 8 octobre 2026, une décision imposant la prise en compte des candidatures féminines dans la désignation des chefs de village et de quartier de ville. Le texte exige au moins deux femmes par arrondissement ordinaire ou intermédiaire et trois dans les communes à statut particulier, sous peine d’irrecevabilité des propositions. Face aux résistances sociologiques rencontrées dans l’application de cette décision, il a fait preuve d’une fermeté qui traduit sa volonté de faire évoluer les pratiques politiques jusque dans les instances de proximité. Au-delà des dispositions légales, ce sont les mécanismes de sélection, les inégalités d’accès aux ressources et les rapports de pouvoir qui doivent évoluer.À l’échelle africaine, cette réflexion mérite de dépasser les frontières béninoises. Dans plusieurs pays, les mécanismes de représentation féminine ont permis des avancées politiques sans toujours modifier profondément les inégalités économiques et sociales. Le véritable enjeu n’est donc plus seulement de savoir combien de femmes accèdent au pouvoir, mais ce que leur participation change pour les autres femmes. L’approche défendue par Djogbénou présente ici un intérêt particulier : elle invite à considérer la représentation politique non comme une finalité, mais comme un instrument de transformation sociale. Une perspective qui pourrait utilement nourrir les politiques de promotion féminine sur le continent.L’intérêt de la vision portée par Djogbénou réside précisément dans cette articulation entre le droit, l’action publique et les réalités socioculturelles. Sans remettre en cause les quotas, dont les résultats sont désormais visibles, elle invite à en prolonger les effets au-delà des assemblées élues. Le droit a permis de franchir un seuil ; il appartient désormais aux acteurs politiques, économiques et communautaires d’en élargir les bénéfices.De son dialogue avec le directeur régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre et la coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Bénin, à son intervention de Savalou, une ligne de pensée se dessine : la promotion féminine ne saurait se satisfaire des acquis institutionnels. Elle doit produire des changements perceptibles dans la société. C’est à cette aune que se mesurera la portée de l’ambition défendue par Djogbénou : non seulement au nombre de femmes qui accèdent au pouvoir, mais aussi aux possibilités qu’elles contribuent à ouvrir aux autres.

Romain Léandre KIKi

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.