Plus de six semaines après les élections communales du 11 janvier 2026 au Bénin, une étape essentielle de l’installation des autorités locales tarde à se concrétiser : la désignation des chefs d’arrondissement. Alors que les conseils communaux ont été progressivement installés à travers le pays, cette phase attendue fait encore l’objet de blocages et suscite l’inquiétude ainsi que l’impatience des populations.
Une étape décisive retardée
Les élections communales ont permis l’élection de nouveaux conseillers communaux et municipaux dans les 77 communes du pays, et dans la plupart des cas, les maires ont déjà été choisis avec leurs adjoints. Cette première phase du renouvellement des collectivités locales s’est déroulée avec une forte implication administrative et politique, sous l’autorité des préfets des différents départements.
Pourtant, la prochaine étape, qui consiste à désigner les chefs d’arrondissement, n’a pas encore été menée à terme dans plusieurs localités, créant un vide à la base de l’administration territoriale. C’est une source de frustration pour les populations locales, qui souhaitent que ces postes soient confiés à de véritables militants issus des urnes et représentatifs de leurs arrondissements.
Ce que dit la loi sur la désignation
Selon les dispositions du Code électoral révisé, les chefs d’arrondissement sont désignés sur la base des résultats des élections communales, et ce, après l’installation des conseils communaux. Cette régulation vise à garantir que les responsables locaux reflètent les choix exprimés par les électeurs lors du scrutin du 11 janvier. La loi prévoit qu’une fois désignés par les partis éligibles, les noms des chefs d’arrondissement doivent être transmis aux autorités préfectorales, qui ont ensuite des délais légaux pour en notifier l’installation.
Pourquoi le processus est-il bloqué ?
Plusieurs facteurs expliquent ce retard :
Complexité politique locale : Dans certaines communes, les majorités issues des élections communales ne s’accordent pas encore sur les personnes à désigner, en raison de tensions ou d’accords politiques locaux qui doivent être négociés avant toute désignation.
Interprétations du code électoral : La nouvelle réglementation, bien qu’efficace sur le papier, nécessite une bonne compréhension et une coordination étroite entre les partis politiques, les conseillers communaux, les maires et l’administration préfectorale.
Transition administrative en cours : Dans certaines localités, les autorités précédentes assurent encore une transition, ce qui peut retarder le processus de transmission officielle des décisions relatives aux chefs d’arrondissement.
Les populations réclament leurs représentants
Pour de nombreux habitants, ce retard est plus qu’un simple contretemps administratif : il entrave le fonctionnement ordinaire de l’administration locale. Les chefs d’arrondissement jouent un rôle clé dans la gestion quotidienne des affaires locales, la coordination des actions de développement, et l’interface directe avec les citoyens. Faute de leur nomination, les populations se sentent privées d’une réelle représentation politique locale.
Dans plusieurs communes, des voix s’élèvent pour demander que cette désignation soit effectuée rapidement et de manière transparente, afin de respecter l’engagement démocratique pris lors des élections du 11 janvier. Les citoyens veulent voir à la tête de leurs arrondissements de vrais militants élus et investis de leurs responsabilités.
Vers une issue imminente ?
Selon certaines sources locales, cette étape pourrait être franchie « dans les prochains jours » ou au plus tard au début de la semaine du 2 mars 2026, avec l’annonce attendue des premières nominations officielles des chefs d’arrondissement. Cette perspective est accueillie avec un mélange d’espoir et d’impatience par les populations locales, qui souhaitent que ce passage administratif se fasse vite pour permettre à la gouvernance locale de fonctionner pleinement.






