Le procès de la tiktokeuse Florence Kingbo, qui s’est tenu hier mardi 3 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), a une nouvelle fois mis en lumière les dérives possibles des réseaux sociaux, et en particulier de TikTok, plateforme sur laquelle la jeune femme a diffusé les propos qui lui valent aujourd’hui d’être poursuivie.
Âgée de 21 ans, Florence Kingbo est poursuivie pour harcèlement par système électronique, atteinte à la vie privée, incitation à la haine et à la violence ainsi que provocation à la rébellion, après la publication d’une vidéo devenue virale sur TikTok en décembre 2025. Lors de son audience, son attitude a été jugée provocante et déplacée par la présidente de la cour, qui a dû faire rappeler à l’ordre la prévenue sur plusieurs points.
Florence Kingbo a reconnu les faits mais ses réponses et son comportement ont suscité une vive réaction au sein de la salle d’audience, jusqu’à provoquer son évacuation provisoire après une réplique jugée irrévérencieuse.
Ce comportement et ces déclarations rappellent que les réseaux sociaux, lorsqu’ils ne sont pas bien encadrés, peuvent devenir des espaces où des messages dangereux ou provocateurs se propagent rapidement, parfois au détriment de l’ordre public et du respect d’autrui. Pour nombre d’observateurs, l’affaire Florence Kingbo ne se limite pas à un cas individuel, mais illustre une tendance inquiétante : celle d’une plateforme numérique qui peut servir de tribune à des messages irresponsables, sans sanction immédiate ni contrôle efficace sur leur diffusion.
Même si TikTok affirme renforcer ses mécanismes de modération à l’échelle mondiale et supprimer de nombreux contenus jugés contraires à ses règles, notamment pour lutte contre la haine ou les discours dangereux, ces suppressions ne signifient pas que tous les contenus problématiques sont bloqués avant diffusion. Au Bénin, où la plateforme compte des dizaines de milliers d’utilisateurs, ces questions prennent une dimension particulière, car les messages publiés peuvent facilement atteindre une audience jeune et influençable.
Dans ce contexte, plusieurs voix s’élèvent aujourd’hui pour demander au gouvernement béninois d’agir avec détermination afin de mieux encadrer l’utilisation de TikTok, voire de réévaluer son statut juridique dans le pays. L’affaire Florence Kingbo alimente ces débats et renforce l’argument selon lequel des mesures sévères s’imposent pour protéger la société des dérives d’un réseau social qui, pour certains critiques, est devenu le refuge d’individus sans respect des règles, ni considération pour l’impact de leurs propos sur l’opinion publique.
Qu’il s’agisse de renforcer la régulation des contenus en ligne, de responsabiliser les plateformes étrangères ou d’éduquer les utilisateurs à une utilisation plus civique et réfléchie des réseaux sociaux, l’affaire Florence Kingbo souligne l’urgence d’une réponse institutionnelle forte. Elle rappelle que la liberté d’expression ne doit pas servir de justification à la propagation de messages qui peuvent troubler l’ordre public ou inciter à la haine, et que l’État doit être prêt à prendre des mesures claires et conformes à l’intérêt général.






