À quelques jours de l’installation des députés élus et réélus pour le compte de la 10ᵉ législature, prévue pour le dimanche 8 février prochain, l’attention nationale se concentre sur un enjeu majeur : le choix du futur président de l’Assemblée nationale. Dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et institutionnelles, cette fonction stratégique exige bien plus qu’un simple leadership parlementaire. Elle appelle un homme d’État doté de qualités solides, capables d’insuffler rigueur, cohésion et efficacité au cœur de l’action législative.
La première de ces qualités demeure une expérience éprouvée dans la gestion des affaires publiques. À la tête de l’hémicycle, le futur président devra faire preuve de sang-froid, de méthode et d’une parfaite connaissance des rouages institutionnels. Une trajectoire marquée par des responsabilités de haut niveau constitue un socle de légitimité, indispensable pour instaurer un climat de confiance, aussi bien auprès des députés que de l’opinion publique.
À cette expérience doit s’ajouter une grande capacité d’écoute et de dialogue. Dans une Assemblée pluraliste, où se croisent des visions parfois antagonistes, la faculté de rassembler, d’arbitrer avec équité et de favoriser des compromis responsables devient une condition essentielle de stabilité. L’autorité du président ne peut reposer sur la contrainte, mais sur la force du consensus et du respect mutuel.
Le futur patron du Parlement devra également faire preuve d’une rigueur intellectuelle sans faille. Maîtriser les dossiers, analyser les enjeux économiques et sociaux, anticiper les conséquences des lois votées : autant d’exigences qui commandent une capacité d’analyse fine et une vision claire de l’intérêt général. C’est à ce prix que l’Assemblée nationale pourra jouer pleinement son rôle de creuset de réformes utiles et durables.
Autre impératif : le sens élevé de l’unité nationale. Le président de l’Assemblée nationale n’est pas qu’un arbitre des débats. Il incarne l’institution, et à ce titre, doit se poser en rassembleur, capable de dépasser les clivages pour fédérer autour d’un projet commun. Son leadership doit inspirer confiance, renforcer la cohésion et promouvoir un développement inclusif au bénéfice de tous.
La proximité avec les populations constitue également une exigence centrale. Un président attentif aux réalités du terrain, ouvert au dialogue avec les jeunes, les femmes, les travailleurs et les acteurs économiques, contribuera à faire du Parlement une institution véritablement connectée aux aspirations du peuple.
Enfin, l’équilibre entre vision stratégique et pragmatisme reste la marque des grands dirigeants. Savoir rêver grand, tout en posant des actes concrets et mesurables, permettra de faire de la 10ᵉ législature un véritable tournant pour la démocratie béninoise.
À l’aube de ce nouveau cycle parlementaire, le Bénin a l’occasion de hisser son Assemblée nationale au rang d’institution forte, crédible et proactive. Le choix de son président sera décisif. Il devra incarner ces qualités rares, gages d’un Parlement au service exclusif de la nation.






