La chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu, ce lundi 19 janvier 2026, un verdict très attendu dans l’affaire dite du « Psychopathe Gate ». La journaliste béninoise Angela Kpeidja a été condamnée à 24 mois de prison avec sursis ainsi qu’à une amende, après près de deux années de procédures judiciaires.
L’affaire opposait la journaliste à Stevy Wallace, ancien responsable de la communication digitale à la Présidence du Bénin, qui l’avait poursuivie pour harcèlement par le biais d’une communication électronique. La plainte de M. Wallace faisait suite à des publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles Angela Kpeidja avait décrit, selon elle, un homme « harceleur et violeur », sans toutefois citer explicitement son nom. Stevy Wallace s’étaitime visé par ces messages et avait déposé une plainte pour atteinte à sa réputation.
La Cour a reconnu la journaliste coupable des faits de harcèlement électronique. En conséquence, elle a prononcé une peine de 24 mois de prison avec sursis, assortie d’une amende d’un million de francs CFA, et l’a condamnée à verser 20 millions de francs CFA à la partie civile au titre de dommages et intérêts. Elle a également ordonné la rectification de certaines publications et informations diffusées sur les réseaux sociaux.
Cette décision intervient après une procédure qui avait débuté en mars 2024, lorsque les premiers messages controversés avaient été publiés sur les réseaux sociaux. L’affaire avait suscité un débat sur les limites de la liberté d’expression en ligne et sur les responsabilités des journalistes et militants lorsqu’ils utilisent ces plateformes pour dénoncer des comportements jugés répréhensibles.
Angela Kpeidja est connue au Bénin non seulement comme journaliste, mais aussi comme militante engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Son travail et ses prises de position publiques ont fait d’elle une figure influente dans le débat national sur les médias et la justice.
La condamnation soulève des questions sur la manière dont les réseaux sociaux et la justice s’entrecroisent dans les dossiers de harcèlement et de diffamation, particulièrement lorsqu’ils impliquent des personnalités publiques. Elle rappelle aussi que la liberté d’expression, bien qu’essentielle, comporte des limites définies par la loi pour protéger la réputation et les droits d’autrui.






