Ce lundi 20 avril 2026, un visage bien connu du barreau béninois se retrouve dans une posture inhabituelle. Me Magloire Yansunnu comparaît devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), poursuivi pour escroquerie, abus de confiance et blanchiment de capitaux.
Une situation pour le moins exceptionnelle : l’avocat, habitué des prétoires où il défend ses clients, se présente cette fois dans le box des accusés.
Un différend financier à l’origine de la procédure
Selon les éléments de l’affaire, les poursuites trouvent leur origine dans un litige opposant Me Yansunnu à l’un de ses anciens clients. L’avocat avait été mandaté dans le cadre d’un contentieux lié à un licenciement, à l’issue duquel une indemnité aurait été obtenue au profit du client.
Mais c’est au moment du décaissement des fonds que le différend éclate. Le client reprocherait à son conseil de ne pas avoir perçu, dans des délais jugés raisonnables, la part qui lui revenait.
L’affaire sera alors portée devant le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin. Une décision de règlement aurait été proposée, prévoyant une répartition des fonds entre les deux parties. Toutefois, selon plusieurs sources concordantes, cette décision n’aurait pas été exécutée, ouvrant la voie à une judiciarisation du dossier.
De la médiation à la détention provisoire
Le dossier prend une tournure plus lourde lorsque le parquet spécial décide d’engager des poursuites. Le 13 avril 2026, Me Magloire Yansunnu est placé en détention provisoire, une mesure exceptionnelle dans un contentieux initialement civil.
Il devra désormais répondre devant la juridiction spécialisée, compétente pour juger les infractions économiques et financières sur l’ensemble du territoire béninois.
Une défense qui dénonce un simple désaccord
Du côté de la défense, la ligne est claire : il ne s’agirait pas d’une infraction pénale, mais d’un désaccord sur la répartition des fonds recouvrés. L’entourage de l’avocat rejette donc toute intention frauduleuse et plaide pour une requalification du litige.
Pour ses proches, cette affaire relève davantage d’un conflit contractuel entre avocat et client que d’une opération d’escroquerie ou de blanchiment de capitaux.
Un procès suivi de près
L’audience de ce lundi est particulièrement attendue dans les milieux judiciaires. Elle met en scène un avocat chevronné face à une juridiction qu’il connaît bien pour y avoir plaidé à de nombreuses reprises.
Fait notable, Me Yansunnu est défendu par un collège de trois avocats, signe de l’importance des enjeux dans ce dossier à forte portée symbolique.
Au-delà du cas individuel, cette affaire relance le débat sur la frontière parfois ténue entre litiges professionnels et infractions pénales, dans un contexte où la CRIET entend maintenir une ligne ferme contre les infractions économiques.
La suite de la procédure dira si ce dossier relève d’un simple différend financier ou d’une infraction pénale avérée.
