Le député Soumaïla Sounon Boké, élu sous la bannière du parti Les Démocrates (LD) et représentant de la deuxième circonscription électorale, a été placé sous mandat de dépôt ce mardi 23 décembre 2025, après sa présentation devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Cotonou.
Cette décision des juges intervient dans le cadre de l’enquête ouverte suite à la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre dernier, qui avait déjà conduit à l’arrestation d’une trentaine de militaires et civils présentés à la CRIET.
Des poursuites pour « harcèlement par voie électronique »
Selon les informations rapportées par les médias et confirmées par son avocat, Me Aboubacar Baparapé, le député Sounon Boké est poursuivi pour « harcèlement par voie électronique ». Cette qualification juridique, tirée des dispositions du code pénal béninois relatives aux communications numériques, implique que l’accusé est soupçonné d’avoir utilisé des moyens électroniques dans des actes portant atteinte à la tranquillité ou à la réputation d’autrui dans le cadre de l’enquête.
Contexte de l’interpellation
Le parlementaire avait été appréhendé par les agents du Centre national d’investigation numérique (CNIN) lors d’une opération menée le 16 décembre 2025, alors que le Parlement était encore en session budgétaire. Son arrestation avait suscité une vive réaction au sein de l’Assemblée nationale, certains de ses collègues dénonçant une violation de l’immunité parlementaire prévue par la Constitution.
Le député Habibou Woroucoubou, également membre du parti Les Démocrates, avait interpellé le gouvernement pour obtenir des éclaircissements sur les bases juridiques de l’interpellation, notamment en l’absence apparente de flagrant délit au moment de l’intervention policière.
Une procédure judiciaire en cours
Après sa présentation devant la CRIET, la Chambre d’instruction a estimé que les éléments d’enquête justifiaient un mandat de dépôt, conduisant Sounon Boké en détention provisoire dans l’attente de son procès. Il est d’ores et déjà programmé pour être jugé le 30 décembre 2025 devant la juridiction spéciale.
Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, où les tentatives de coup d’État et les actions judiciaires contre des personnalités publiques continuent de susciter des débats sur l’État de droit et les libertés politiques au Bénin.





