L’annonce de la démission de Bertin Koovi du Bloc Républicain, relayée depuis quelques heures sur les réseaux sociaux, ne constitue en rien un tournant majeur de la vie politique nationale. Si l’information a rapidement circulé et suscité commentaires et spéculations, une analyse froide des faits révèle qu’il s’agit davantage d’un épisode sans portée réelle qu’un événement structurant pour le parti ou pour l’échiquier politique béninois.
Une sanction disciplinaire comme toile de fond
Le départ de Bertin Koovi intervient dans un contexte bien précis : celui d’une suspension d’un an de toute activité au sein du parti, décidée par le Secrétariat exécutif national pour des prises de position jugées contraires à la discipline interne. Dès lors, parler de rupture spectaculaire serait excessif. Sa démission apparaît plutôt comme l’aboutissement logique d’un malaise déjà acté par cette mesure disciplinaire.
Autrement dit, il ne s’agit pas d’un coup de théâtre, mais d’une séquence prévisible dans une relation politique déjà fragilisée.
Des arguments peu convaincants
Dans sa lettre, l’intéressé affirme se retirer pour « éviter toute confusion » à l’approche des prochaines échéances électorales et pour poursuivre son engagement politique sur le terrain. Un argument qui peine cependant à convaincre.
Comment évoquer un risque de confusion alors que, même suspendu, il a publiquement réaffirmé son soutien au président Patrice Talon et à la majorité présidentielle ? Ce positionnement n’était nullement conditionné par une activité organique au sein du Bloc Républicain. Sa démission ne redessine donc aucun rapport de force et ne crée aucune recomposition politique identifiable.
Par ailleurs, s’il invoque une démarche fondée sur la conviction personnelle, force est de constater qu’il n’occupait pas de responsabilité stratégique au sein des instances dirigeantes du parti. Son influence relevait davantage du registre médiatique que d’un rôle structurant dans l’appareil politique.
Un impact politique quasi nul
Contrairement aux interprétations alarmistes de certains observateurs, cette démission ne fragilise en rien le Bloc Républicain. Le parti demeure solidement organisé autour de ses structures et poursuit son action politique aux côtés de ses alliés, notamment l’UPR, dans la dynamique des échéances à venir.
Aucune vague de départs, aucune fracture interne, aucune reconfiguration d’alliances ne découle de cette décision. En somme, le départ de Bertin Koovi ne modifie ni la cohésion du BR, ni sa stratégie électorale, ni l’équilibre global de la majorité présidentielle.
Conclusion
La démission de Bertin Koovi du Bloc Républicain s’inscrit davantage dans la continuité d’un différend interne que dans une dynamique de rupture politique majeure. Les arguments avancés — flous, peu structurés et sans réelle portée stratégique — ne suffisent pas à en faire un événement d’importance.
Au regard des faits, cet épisode restera ce qu’il est : un moment de communication plus qu’un séisme politique. Un non-événement dans une scène politique béninoise qui, elle, continue d’évoluer selon des logiques bien plus déterminantes.






