Dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 janvier 2026, le gouvernement du Burkina Faso a annoncé avoir déjoué une tentative de coup d’État visant à renverser les institutions et à assassiner le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré. Selon les autorités burkinabè, la manœuvre aurait été planifiée pour s’exécuter aux alentours de 23 h, mais elle a été interrompue avant tout passage à l’acte, grâce à la vigilance des services de renseignement et des forces de sécurité.
Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a détaillé devant la télévision nationale que l’opération prévue comportait une série d’assassinats ciblés de personnalités civiles et militaires, avec pour objectif premier la neutralisation du président Traoré, soit à bout portant, soit par la pose d’explosifs à sa résidence. Après cette phase, une action devait suivre pour mettre hors service la base drone stratégique du pays, avant une éventuelle intervention militaire terrestre de forces extérieures.
Les autorités ont également pointé du doigt l’ancien président de la Transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, accusé d’être le cerveau présumé du complot depuis son exil au Togo. Selon le gouvernement, Damiba aurait planifié, financé et recruté des civils et des militaires pour exécuter l’opération.
Plusieurs arrestations ont eu lieu, et les enquêtes se poursuivent pour démanteler l’ensemble du réseau. Un deuxième complice, El Hadj Ali Winèga, a reconnu son implication au cours d’une intervention télévisée sur la télévision nationale.
À Ouagadougou et dans d’autres villes, la tension est restée élevée dans les heures qui ont suivi l’annonce, tandis que des partisans du régime militaire manifestaient leur soutien aux autorités et à la stabilité du pays.
Cette tentative de coup d’État survient dans un contexte de instabilité politique persistante au Burkina Faso, où le capitaine Ibrahim Traoré a lui-même pris le pouvoir en septembre 2022, renversant Paul-Henri Damiba. Depuis, le pays a connu plusieurs allégations de complots et de menaces contre la junte au pouvoir.
Sur le plan national, cet événement relance les inquiétudes autour de la fragilité institutionnelle et de la nécessité d’une stabilité durable, alors que le peuple burkinabè continue de faire face à des défis sécuritaires majeurs, notamment liés à l’insurrection jihadiste dans plusieurs régions du pays.





