Dans le sud-ouest du Bénin, une bataille silencieuse mais décisive est engagée pour préserver l’un des symboles les plus forts de la culture Adja : le sodabi de Tado. Face à la prolifération des boissons frelatées qui envahissent le marché et mettent en danger la santé des consommateurs, le Dr Raphaël Yao Tchidimè a décidé de passer à l’offensive.
Acteur engagé de la promotion de la santé publique, le médecin dénonce depuis longtemps l’amalgame qui associe les véritables producteurs Adja aux réseaux de contrefaçon. Une situation qu’il juge profondément injuste et destructrice pour l’image d’une communauté qui a hérité d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération.
Pour renverser la tendance, le Dr Tchidimè a fait un choix fort : implanter, au cœur du département du Couffo, chez le Roi Kpohizoun, une unité moderne de production du sodabi authentique d’Adja Tado. Ce site, à la fois cabaret et espace de transformation, se veut un modèle de fabrication respectant les méthodes traditionnelles, tout en intégrant des exigences de qualité et d’hygiène.
Son projet va bien au-delà d’une simple activité commerciale. L’objectif est de réhabiliter le vrai sodabi sur le marché béninois, puis à l’international, afin de proposer une alternative crédible aux produits de contrebande. En mettant en circulation un sodabi contrôlé, traçable et conforme aux normes, le Dr Tchidimè entend tarir la source des alcools dangereux qui circulent aujourd’hui dans plusieurs localités.
Cette initiative s’accompagne d’un vaste programme de structuration de la filière. Des formations sont prévues pour les jeunes et les femmes Adja, aussi bien dans la culture du palmier à huile que dans sa protection contre les feux de brousse et les parasites. La transformation du vin de palme en sodabi authentique sera également encadrée afin de garantir une qualité constante et une production durable.
Pour le Dr Raphaël Yao Tchidimè, la logique est simple : on ne peut éradiquer le faux sans faire exister le vrai. En donnant au sodabi d’Adja Tado une reconnaissance officielle et une visibilité nationale, il espère aussi prévenir toute décision d’interdiction qui frapperait indistinctement les bons producteurs et les fraudeurs.
À travers cette démarche, c’est tout un patrimoine culturel, économique et sanitaire qui est défendu. Le combat du Dr Tchidimè pourrait ainsi marquer un tournant dans la valorisation du sodabi d’Adja Tado, en lui rendant sa crédibilité et sa place légitime dans la société béninoise.






