Coup d’État manqué au Bénin: Que retenir une semaine après ?

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Une semaine après la tentative de coup d’État avortée qui a secoué le Bénin toute la journée du dimanche 7 décembre 2025, l’heure est au bilan général. Au-delà des arrestations et des poursuites judiciaires en cours, ces événements ont laissé derrière eux des pertes en vies humaines, des traumatismes profonds et de nombreuses interrogations, marquant l’un des épisodes les plus graves de l’histoire politique récente du pays.

Une tentative de rupture de l’ordre constitutionnel

Le 7 décembre au petit matin, un groupe de soldats se réclamant du « Comité militaire pour la refondation » est apparu sur la télévision nationale pour annoncer la destitution du président Patrice Talon, la suspension de la Constitution et la dissolution des institutions de l’État.

Cependant, le gouvernement et l’armée régulière ont rapidement affirmé avoir repris le contrôle des principales installations, et la situation a été décrite comme « sous contrôle » quelques heures après l’annonce initiale.

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Dans les heures qui ont suivi, des forces régionales de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) — notamment des soldats nigérians et ivoiriens — ont été déployées pour soutenir les autorités béninoises et préserver l’ordre constitutionnel.

Un lourd bilan humain

Si la tentative de coup d’État a été neutralisée en quelques heures, elle n’a pas été sans victimes. D’après plusieurs médias, des affrontements armés et des tirs ont été signalés dans certains quartiers de Cotonou et d’Abomey-Calavi, faisant des pertes humaines tant du côté des forces loyalistes que parmi les civils.

Parmi les victimes figure l’épouse du général Bertin Bada, directeur du cabinet militaire du président, qui a traversé la nuit du 7 décembre sous les balles des mutins avant de succomber à ses blessures, selon des sources concordantes.
Toujours dans la même attaque, la fille du général a également été blessée, ajoutant au choc et à l’émoi suscités par ces événements dans l’opinion publique.

À ce stade, aucun bilan officiel complet des victimes n’a été publié par les autorités, mais ces pertes rappellent avec gravité que la crise a eu des conséquences humaines dramatiques.

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Des arrestations dès les premiers instants

Sur le plan sécuritaire, les autorités ont procédé à des interpellations immédiates des mutins. Selon les premières informations officielles — confirmées par plusieurs agences de presse — entre 12 et 14 personnes ont été arrêtées dès le premier jour, pour leur lien direct avec la tentative de coup d’État.

La majorité des personnes arrêtées sont des soldats en service actif, impliqués dans les affrontements ou l’organisation de la mutinerie.
Certains médias ont évoqué treize arrestations dès dimanche, tandis que des sources gouvernementales ont mentionné 14 personnes interpellées.

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Cependant, le statut de certains présumés leaders, dont le lieutenant-colonel Pascal Tigri, reste incertain. D’après des informations relayées par la presse panafricaine, il serait toujours en fuite et aurait trouvé refuge dans un pays voisin comme le Togo.

Des interpellations élargies et des mandats internationaux

Au fil de la semaine, l’enquête judiciaire s’est élargie au-delà du seul cadre militaire. Des figures politiques influentes ont été visées par des décisions de justice, aggravant le climat politique déjà tendu.

Le président du parti Restaurer l’Espoir, Candide Azannaï, a été placé en garde à vue pour « conspiration contre l’autorité de l’État » dans le contexte de l’enquête post-coup.

Par ailleurs, la justice béninoise a émis un mandat d’arrêt international contre l’activiste panafricaniste Kémi Séba, poursuivi pour incitation à la rébellion, après avoir publiquement salué la tentative de coup d’État sur les réseaux sociaux.

D’autres personnalités sont également mentionnées dans les démarches judiciaires, ce qui, selon les autorités, traduit la volonté de démanteler un réseau de soutien aux mutins.

Ces mesures ont profondément divisé l’opinion publique : certains saluent une réponse ferme de l’État, tandis que d’autres dénoncent une instrumentalisation politique de la justice.

Un climat d’incertitude judiciaire et sécuritaire

Une semaine après les événements, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Le nombre exact de participants à la tentative de coup d’État, ainsi que celui des personnes encore en fuite, reste difficile à établir avec précision.
De même, malgré l’ouverture d’enquêtes et les arrestations, les chefs d’accusation définitifs et les juridictions compétentes qui jugeront les mis en cause n’ont pas encore été rendus publics.

Sur le plan sécuritaire, des sources de presse spécialisées rappellent que la traque des éléments encore en cavale continue, notamment dans les pays voisins où certains pourraient s’être réfugiés.

Enquête, sécurisation et appel à la vigilance citoyenne

Dans le cadre de l’enquête, les autorités béninoises ont lancé un appel à la collaboration des populations, invitant les citoyens à signaler toute découverte d’armes ou de matériels militaires abandonnés. Ces objets, soulignent les forces de sécurité, pourraient encore représenter un danger réel.
Selon la presse, des numéros verts ont été mis à disposition du public pour faciliter ces signalements, dans une stratégie de prévention de toute résurgence de violence dans les quartiers affectés.

Sept jours après le putsch avorté, le Bénin se trouve à un tournant décisif. Si l’ordre constitutionnel a été rétabli et que les principaux centres de pouvoir sont sous contrôle du gouvernement, le pays reste profondément marqué par des pertes humaines douloureuses — notamment la mort de l’épouse du général Bertin Bada — et par un climat politique et judiciaire encore chargé d’incertitudes.

Le bilan des arrestations, des victimes et des responsabilités — encore partiel et évolutif — devrait continuer de s’affiner dans les prochains jours, au rythme de l’avancée de l’enquête judiciaire et des décisions des autorités, appelées à rendre justice, apaiser les tensions et préserver la stabilité nationale.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.