La démission de Thomas Boni Yayi de la présidence du parti Les Démocrates continue de susciter des réactions dans l’opinion publique et la classe politique béninoise. Invité sur la chaîne Matin Libre TV, l’ancien secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (COSI-Bénin), Noël Chadaré, s’est exprimé sans détour sur le retrait de l’ancien chef de l’État.
Au cours de son intervention, l’ex-syndicaliste a confié qu’il avait toujours été réservé quant au retour de l’ancien président dans l’arène politique après ses deux mandats à la tête du pays.
« Moi je ne voulais même pas le voir en politique, ça je dois vous dire, je lui ai dit. J’ai eu l’occasion de lui dire : vous avez fait dix années et vous êtes sorti avec la tête haute », a-t-il déclaré.
Selon lui, les relations entre le gouvernement de l’époque et les organisations syndicales avaient connu à la fois des moments de collaboration et des périodes de tensions. Malgré ces frictions, notamment lors des mouvements sociaux, il reconnaît que plusieurs mesures sociales importantes ont été prises sous la gouvernance de l’ancien président.
Noël Chadaré rappelle notamment que certaines décisions, comme l’augmentation de l’indice salarial des travailleurs, avaient marqué le mandat de Thomas Boni Yayi et contribué à améliorer les conditions de plusieurs catégories socioprofessionnelles.
Toutefois, l’ancien responsable syndical estime que l’ex-chef de l’État aurait gagné à rester en retrait de la politique active après son départ du pouvoir en 2016, afin de jouer un rôle de référence et de sagesse dans la vie publique.
La démission de Thomas Boni Yayi de la tête des Démocrates, annoncée début mars 2026 et motivée notamment par des raisons de santé, ouvre désormais une nouvelle page pour la principale formation de l’opposition béninoise, qui devra organiser sa succession lors d’un prochain congrès.
Pour Noël Chadaré, l’ancien président pourrait ainsi continuer d’influencer la vie publique béninoise autrement, en demeurant une figure morale et une référence politique, plutôt qu’un acteur direct de la compétition partisane.






