Les élections législatives de 2026 auront été sans appel pour les partis de l’opposition. Le verdict des urnes est sévère, presque cruel : une déroute électorale généralisée, marquée par des scores insignifiants, des sièges inexistants et une incapacité flagrante à transformer la contestation politique en victoire électorale. Une débâcle, au sens plein du terme.
Dans ce contexte, une figure revient avec insistance dans les débats politiques : Apollinaire Avognon. Longtemps critiqué, parfois moqué, l’homme avait pourtant fait un choix stratégique qui, à la lumière des résultats, apparaît aujourd’hui d’une lucidité dérangeante : se retirer du jeu électoral avec sa fameuse troisième voie. Beaucoup y voyaient une fuite, d’autres une ruse. Les faits lui donnent désormais raison.
Pendant que les partis de l’opposition se lançaient dans des campagnes coûteuses, mal structurées et vouées à l’échec, la Nouvelle Force Nationale (NFN), en mode « Eblibou », observait, analysait et surtout… s’abstenait. Pas de meetings dispendieux, pas de listes électorales improvisées, pas d’illusions entretenues auprès des militants. Une posture qui, rétrospectivement, ressemble moins à un renoncement qu’à une leçon politique.
Car la question se pose désormais avec acuité : à quoi bon aller à une compétition dont les règles, le contexte et les rapports de force rendent l’issue prévisible ? En s’obstinant à participer, les partis de l’opposition n’ont fait que gaspiller leurs maigres ressources financières, user leurs militants et exposer au grand jour leur faiblesse organisationnelle.
L’échec de 2026 devrait donc servir de signal d’alarme. Plutôt que de répéter les mêmes erreurs à chaque scrutin, l’opposition gagnerait à aller à l’école de la NFN : apprendre quand il faut se battre, mais aussi quand il faut s’abstenir. L’abstention stratégique n’est pas une capitulation ; elle peut être un acte politique fort, une manière de refuser la figuration et de préserver le capital politique pour des batailles plus pertinentes.
La débâcle de 2026 n’est pas seulement électorale, elle est aussi intellectuelle et stratégique. Tant que l’opposition refusera de se remettre en question, de repenser ses méthodes et d’admettre ses limites, elle continuera à jouer les seconds rôles… ou pire, les figurants.
En politique, parfois, le silence et le retrait valent mieux qu’un énième échec public. Apollinaire Avognon l’avait compris. Les urnes de 2026 viennent de le confirmer.






