Dans une analyse au ton direct, Daniel Edah, porteur de la vision d’un Bénin économiquement prospère et socialement stable dans une Afrique bien intégrée, a lancé un appel à la réflexion nationale sur la trajectoire économique du pays. Dans une tribune intitulée « Le Bénin n’est pas pauvre : nous l’appauvrissons », il met en garde contre les risques d’un développement soutenu principalement par l’endettement.

Selon lui, la situation actuelle devrait interpeller l’ensemble des citoyens. Il affirme que chaque enfant qui naît aujourd’hui au Bénin hérite déjà d’une dette supérieure à 500 000 francs CFA, une réalité qu’il attribue aux choix économiques et politiques accumulés par la génération actuelle.
Une croissance forte, mais des citoyens toujours fragilisés
Le pays est souvent cité comme un exemple de performance économique en Afrique de l’Ouest. En 2024, la croissance économique aurait atteint 7,5 %, un niveau rarement observé depuis plus de trois décennies.
Mais pour Daniel Edah, ces chiffres macroéconomiques ne reflètent pas toujours la réalité vécue par les populations. Dans la vie quotidienne, explique-t-il, le coût de la vie augmente, le pouvoir d’achat reste faible et l’économie devient de plus en plus dépendante de l’endettement public.
D’un pays presque sans dette à une dette massive
L’ancien Dahomey, rappelle-t-il, présentait une situation financière très différente au moment de son indépendance en 1960. La dette publique était alors presque inexistante et représentait moins de 25 dollars par habitant.
Aujourd’hui, la situation a profondément changé. La dette publique du Bénin dépasserait 6 960 milliards de francs CFA, soit environ 11,5 milliards de dollars. Cela équivaut à plus de 814 dollars de dette par citoyen.
Pour Daniel Edah, cette évolution traduit un basculement inquiétant : en l’espace d’une génération, le pays est passé d’une situation de faible endettement à un modèle économique où chaque nouveau-né commence sa vie déjà endetté.
Le risque d’une prospérité artificielle
L’analyste politique reconnaît que des infrastructures modernes voient le jour et que plusieurs projets d’envergure sont réalisés. Toutefois, il s’interroge sur l’impact réel de cette croissance sur la vie des populations.
Selon lui, lorsqu’une part importante des ressources publiques est consacrée au remboursement de la dette, les bénéfices de la croissance deviennent limités pour les citoyens.
Il met ainsi en garde contre ce qu’il qualifie de « croissance financée par la dette », qui peut donner l’illusion d’une prospérité à court terme mais dont la facture finit par apparaître.
« Le problème vient aussi de nos choix »
Dans sa réflexion, Daniel Edah insiste sur la responsabilité interne dans la situation actuelle. Pour lui, le Bénin dispose pourtant de nombreux atouts : une position stratégique en Afrique de l’Ouest, une population dynamique, ainsi qu’un potentiel agricole, commercial et logistique important.
Ainsi, estime-t-il, la persistance de la pauvreté malgré les indicateurs de croissance ne peut être expliquée uniquement par des facteurs extérieurs. Elle résulterait également de décisions politiques et économiques prises au fil des années.
Un appel à changer de trajectoire
Face aux risques d’un endettement croissant, Daniel Edah appelle à un changement de cap. Il plaide pour un modèle de développement qui place l’amélioration réelle du niveau de vie des citoyens au cœur des politiques publiques, tout en réduisant la dépendance excessive à la dette.
Pour lui, la question essentielle n’est pas seulement de savoir à quel rythme l’économie progresse, mais plutôt qui bénéficie réellement de cette croissance et à quel coût pour les générations futures.
En conclusion, il avertit : si aucune correction n’est apportée, la génération actuelle pourrait être celle qui aura transformé « un pays de promesses en un pays de dettes ».
Intégralité de son message
LE BÉNIN N’EST PAS PAUVRE : NOUS L’APPAUVRISSONS
Chaque enfant qui naît aujourd’hui au Bénin hérite déjà d’une dette de plus de 500 000 francs CFA – et c’est nous, la génération actuelle, qui en portons la responsabilité.
Cette réalité devrait tous nous interpeller.
Car une question simple se pose :
comment un pays qui affiche l’une des croissances les plus fortes d’Afrique de l’Ouest peut-il voir sa population rester aussi pauvre ?
Le Bénin est aujourd’hui présenté comme un modèle économique. En 2024, la croissance aurait atteint 7,5 %, un niveau record depuis plus de trente ans.
Sur le papier, tout semble aller bien.
Mais dans la vie quotidienne des Béninois, une autre réalité domine :
le coût de la vie augmente, le pouvoir d’achat reste faible, et l’avenir économique du pays devient de plus en plus dépendant de la dette.
Une dette qui n’existait presque pas.
En 1960, au moment de l’indépendance, le Dahomey – aujourd’hui le Bénin – avait presque zéro dette.
La dette publique représentait moins de 25 dollars par habitant.
Le pays n’était pas riche, mais il n’était pas enchaîné par l’endettement.
Aujourd’hui, la situation est totalement différente.
La dette publique dépasse 6 960 milliards de francs CFA, soit environ 11,5 milliards de dollars.
Chaque Béninois porte désormais plus de 814 dollars de dette.
En une génération, nous sommes passés d’un pays presque sans dette à un pays où chaque enfant naît déjà endetté.
Une croissance qui ne profite pas vraiment aux citoyens
Oui, l’économie béninoise grandit.
Oui, des infrastructures se construisent.
Oui, des projets ambitieux voient le jour.
Mais la question essentielle reste posée :
les Béninois vivent-ils réellement mieux ?
Lorsque qu’une grande partie des ressources publiques sert à rembourser la dette, la croissance perd une grande partie de son impact sur la vie réelle des citoyens.
Le danger est simple :
une croissance financée par la dette peut créer une illusion de prospérité.
Mais tôt ou tard, la facture arrive.
Le vrai problème : nos propres choix
Il faut avoir le courage de dire la vérité.
Le Bénin n’est pas pauvre par nature.
Notre pays possède :
- une position stratégique en Afrique de l’Ouest,
- une population dynamique et travailleuse,
- un potentiel agricole, commercial et logistique considérable.
Si tant de Béninois vivent encore dans la difficulté malgré la croissance affichée et les infrastructures réalisées, ce n’est pas la faute d’une puissance étrangère – même si l’environnement international et les partenariats influencent les performances économiques d’un pays.
La responsabilité première vient de nos propres choix politiques et économiques.
Un pays ne devient pas pauvre par fatalité. Il le devient par des décisions répétées au fil des années.
Le danger qui nous attend est le suivant:
Si nous continuons sur la même trajectoire faite de :
- plus de dette,
- plus de projets coûteux,
- peu d’amélioration du pouvoir d’achat,
le Bénin risque d’entrer dans une situation où la dette freinera durablement son développement.
Et dans ce cas, ce ne sont pas les dirigeants d’aujourd’hui qui paieront le prix mais ce seront malheureusement nos enfants et nos petits-enfants.
Il est encore temps de changer
Le Bénin mérite une autre trajectoire, une trajectoire qui :
- met réellement l’amélioration du niveau de vie des citoyens au centre,
- limite la dépendance excessive à l’endettement,
- investit d’abord dans la prospérité réelle des populations.
La question fondamentale n’est pas seulement : combien notre économie grandit.
La vraie question est : qui profite réellement de cette croissance, et à quel prix pour l’avenir du pays ?
Le Bénin n’est pas pauvre. Cependant, si nous ne changeons pas de cap maintenant, nous deviendrons la génération qui aura transformé un pays de promesses en un pays de dettes.
Daniel Edah
Porteur de la vision d’un Bénin économiquement prospère et socialement stable dans une Afrique bien intégrée et en plein essor.






