A mesure que se précisent les grandes tendances issues du double scrutin du 11 janvier, le débat politique béninois glisse dangereusement du terrain démocratique vers celui des accusations infondées. Dans cette atmosphère surchauffée, le Bloc Républicain apparaît comme la cible privilégiée d’un discours de contestation qui peine à s’appuyer sur des faits vérifiables.
Quand la défaite électorale nourrit la suspicion systématique
L’histoire politique récente du Bénin l’enseigne : à chaque échéance majeure, certains acteurs choisissent de contester les résultats non pas par la voie légale, mais par une campagne de dénigrement savamment orchestrée. Cette fois encore, le Bloc Républicain se retrouve au cœur d’accusations graves, brandies sans preuves tangibles, dans une tentative manifeste de fragiliser un adversaire politique devenu incontournable.
Transformer la Commission électorale nationale autonome (CENA) en bouc émissaire et jeter l’opprobre sur ses responsables sans décision de justice ni rapport officiel relève davantage de la stratégie politique que de la quête de vérité.
La CENA, une institution républicaine à respecter
Il convient de rappeler une évidence : les élections se déroulent sous la supervision d’institutions légalement établies, avec la présence de représentants de partis, d’observateurs nationaux et internationaux, et selon des procédures connues de tous.
Remettre en cause, par anticipation, le travail de la CENA, c’est fragiliser l’édifice démocratique et instiller le doute dans l’opinion publique, au risque de nourrir des tensions inutiles.
Dans une démocratie mature, les contestations sérieuses s’expriment devant les juridictions compétentes, non sur les réseaux sociaux ou dans des groupes de messagerie.
Le Bloc Républicain : une force politique enracinée
Contrairement aux caricatures véhiculées, le Bloc Républicain n’est ni un parti de circonstance ni une formation artificielle maintenue par des procédés occultes. Son implantation territoriale, son organisation interne et la constance de ses performances électorales traduisent une adhésion réelle d’une frange significative de l’électorat.
Les résultats enregistrés dans plusieurs communes et circonscriptions témoignent d’un travail politique de terrain, d’un discours cohérent et d’un projet qui trouve écho auprès des populations.
Le mythe de “l’exploit imaginaire” et la réalité des urnes
Qualifier les avancées du Bloc Républicain d’« exploit imaginaire » relève d’un déni politique assumé. En démocratie, le succès d’un parti ne s’évalue pas uniquement à l’aune d’une majorité absolue, mais aussi à sa capacité à consolider ses positions, à progresser dans certains bastions et à s’imposer comme acteur central du jeu politique.
Face à une compétition pluraliste, chaque formation engrange des victoires et subit des revers. Les travestir en fraude systémique sans fondement avéré affaiblit le débat public.
Pour une responsabilité politique partagée
Le Bénin a fait le choix de la stabilité institutionnelle et du respect des règles du jeu démocratique. Cette trajectoire impose à tous les acteurs une responsabilité : celle d’accepter les verdicts des urnes, d’emprunter les voies légales en cas de contestation et de renoncer aux discours incendiaires.
Le Bloc Républicain, fidèle à son engagement républicain, demeure attaché à la transparence du processus électoral et au respect des institutions. La démocratie béninoise ne gagnera rien à la surenchère verbale, mais beaucoup à la maturité politique.
Au-delà des passions, une seule exigence doit prévaloir : le respect de la vérité des urnes et de la République.






