Une fois encore, le parti Les Démocrates a choisi la conférence de presse non pas pour éclairer l’opinion publique, mais pour installer un récit victimaire bien rodé, au mépris des faits, des responsabilités internes et de la cohérence politique.
À la suite des élections législatives du 11 janvier 2026, la formation d’opposition s’est livrée à une longue litanie d’accusations graves contre les institutions de la République, en particulier la CENA, sans apporter la moindre preuve documentée susceptible d’étayer ses allégations.
Une posture de victime devenue ligne politique
Depuis plusieurs années, le parti Les Démocrates semble avoir fait de la victimisation systématique son principal argument politique. À chaque échéance électorale, le même schéma se répète : participation aux élections, acceptation implicite des règles du jeu, puis rejet des résultats dès lors qu’ils ne correspondent pas aux attentes.
Comment comprendre qu’un parti qui affirme avoir « pris toutes les dispositions » pour participer aux élections, qui reconnaît avoir présenté des candidats et mené campagne, découvre subitement, après le scrutin, que tout aurait été faussé de bout en bout ?
Cette posture interroge, d’autant plus que les mêmes accusations avaient déjà été brandies en 2023, sans qu’aucune suite judiciaire sérieuse ne vienne les confirmer.
Des accusations graves… sans preuves tangibles
Bourrage d’urnes, substitution de procès-verbaux, intrusion de maires, exclusion de délégués, achat de conscience : la déclaration du parti LD accumule des accusations d’une extrême gravité. Pourtant, aucun document, aucune vidéo, aucun procès-verbal contradictoire signé, aucun recours formel rendu public ne vient corroborer ces faits à grande échelle.
Or, dans un État de droit, la dénonciation ne saurait se substituer à la preuve.
Il est pour le moins paradoxal qu’un parti qui se réclame de la démocratie et de la légalité choisisse la tribune médiatique plutôt que les voies juridictionnelles appropriées pour faire valoir ses droits.
La CENA, bouc émissaire commode
L’attaque frontale contre la Commission électorale nationale autonome relève davantage de la stratégie de délégitimation que d’une analyse objective du processus électoral.
Accuser une institution républicaine d’être le « bras armé » d’un pouvoir politique, sans décision de justice ni constat indépendant, revient à jeter le discrédit sur l’ensemble du système démocratique, avec des conséquences dangereuses pour la stabilité nationale.
Faut-il rappeler que la CENA a organisé plusieurs scrutins successifs avec la participation de toutes les forces politiques, y compris le parti Les Démocrates lui-même, sans que son existence ou sa légitimité ne soient contestées lorsque les résultats étaient favorables ?
Les vraies causes d’un revers électoral éludées
En préférant le procès permanent du système, Les Démocrates évitent soigneusement toute autocritique :
absence d’ancrage local réel dans certaines circonscriptions,
difficultés internes de mobilisation,
stratégie politique centrée sur la dénonciation plutôt que sur la proposition,
incapacité à renouveler le discours et les figures.
Autant de facteurs qui peuvent expliquer des performances électorales en deçà des espérances, mais que le parti choisit d’ignorer, au profit d’un récit de confiscation généralisée du pouvoir.
Une internationalisation excessive du débat politique interne
En appelant systématiquement à la « communauté internationale », aux chancelleries et aux ONG, le parti LD donne l’impression de chercher à externaliser un débat politique qui relève d’abord de la souveraineté nationale.
Cette posture, loin de renforcer la démocratie, nourrit une suspicion permanente et fragilise la confiance des citoyens dans leurs propres institutions.
La démocratie ne se défend pas par l’anathème
La démocratie ne se résume pas à la participation électorale, encore moins à la contestation automatique des résultats. Elle suppose aussi le respect des institutions, la rigueur dans les accusations et la maturité politique face à la sanction des urnes.
En persistant dans une logique de confrontation verbale et de dramatisation excessive, le parti Les Démocrates risque de s’isoler davantage, au lieu de se repositionner comme une opposition responsable, crédible et force de propositions.
À défaut d’un véritable travail politique de fond, la victimisation permanente pourrait bien devenir non plus un moyen de mobilisation, mais le symptôme d’un essoufflement stratégique.





