Depuis plusieurs jours, dans l’attente de la publication des grandes tendances par la CENA et des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, le débat autour de l’attribution des sièges dans la 16ᵉ circonscription électorale s’enlise dans une atmosphère de suspicion, de commentaires approximatifs et de procès d’intention.
Au cœur de la polémique : l’accusation d’une prétendue « spoliation » d’un siège au détriment de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), au profit du Bloc Républicain (BR).
Pourtant, une lecture rigoureuse du code électoral et des mécanismes d’attribution des sièges suffit à démontrer que cette controverse repose davantage sur des interprétations partisanes que sur des fondements juridiques solides.
Franchissement du seuil et logique nationale : une lecture biaisée du débat
Il est exact que, selon les résultats issus des dépouillements, l’UPR aurait franchi la barre des 20 % dans l’ensemble des circonscriptions, sous réserve de confirmation officielle par la CENA et la Cour constitutionnelle.
Mais faire de cette donnée l’argument central du débat revient à occulter une réalité essentielle : le scrutin législatif béninois ne se résume pas à une logique mécanique de domination locale, encore moins à des calculs militants.
Il repose avant tout sur une logique de représentation nationale et de répartition proportionnelle, encadrée par des règles précises.
À ce titre, le Bloc Républicain, parti structuré, implanté sur l’ensemble du territoire et régulièrement engagé dans le processus électoral, remplit toutes les conditions légales pour participer à la répartition des sièges, y compris dans la 16ᵉ circonscription électorale.
Toute tentative d’exclusion politique du BR, au nom d’une lecture sélective des chiffres, relève davantage de la rhétorique que du droit.
16ᵉ circonscription électorale : des chiffres qui appellent à la rigueur, non à l’exclusion
Contrairement aux affirmations péremptoires relayées dans certains cercles, aucun texte électoral n’accorde automatiquement “la moitié plus un” des sièges à un parti simplement parce qu’il serait arrivé en tête dans une circonscription.
L’attribution des sièges obéit à des règles strictes, intégrant notamment :
la proportionnalité des suffrages exprimés ;
le mécanisme des restes électoraux ;
les équilibres nationaux ;
ainsi que les dispositifs correctifs prévus par le code électoral.
Dans ce cadre légal clairement établi, la présence du Bloc Républicain dans la course à un second siège dans la 16ᵉ circonscription électorale est parfaitement légitime.
Elle procède d’une application rigoureuse des textes, et non d’un quelconque « passage en force » fantasmé par certains acteurs politiques.
Respecter les institutions, refuser la pression
Les pressions exercées autour du bureau du Directeur général des élections, tout comme les tentatives d’intimidation verbale ou médiatique, ne servent ni la démocratie ni la crédibilité du processus électoral.
Le président de la CENA, Sacca Lafia, l’a rappelé avec clarté :
« Les élections ne se gagnent pas dans les bureaux de la CENA. »
Cette vérité fondamentale s’impose à tous les partis, sans distinction, y compris à ceux qui tentent aujourd’hui d’instrumentaliser l’opinion publique contre le Bloc Républicain.
Le Bloc Républicain : un parti responsable, pas un intrus
Qualifier les cadres et militants du BR de « fainéants » ou de « politiquement inaptes » relève d’une rhétorique excessive, injuste et peu compatible avec l’esprit démocratique.
Le Bloc Républicain demeure :
un parti ayant pris part loyalement au scrutin ;
une force politique mobilisée sur le terrain ;
une formation qui accepte le verdict des urnes dans le strict respect de la loi.
Revendiquer un siège obtenu conformément aux textes électoraux n’est ni une faute morale ni une entorse à la démocratie.
Conclusion : laisser la CENA travailler, respecter le droit
Le débat actuel gagnerait à quitter le terrain de l’émotion et de la surenchère pour revenir à celui du droit et des institutions.
La CENA doit pouvoir publier les grandes tendances et les résultats provisoires en toute sérénité, à l’abri des pressions politiques et des campagnes de dénigrement ciblées.
Le Bloc Républicain n’a pas à s’excuser de défendre ses droits électoraux.
Dans une démocratie mature, ce ne sont ni les cris ni les chroniques qui font la loi, mais les textes et les urnes.






