Il y a un an, jour pour jour, le 26 décembre 2024, la scène musicale béninoise perdait l’une de ses voix les plus singulières. Praouda, de son vrai nom Éric Romain Hindedji, artiste engagé et figure montante de la musique urbaine, s’éteignait à Cotonou à l’âge de 34 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC) après plusieurs jours d’hospitalisation.
Ce décès brutal a plongé ses fans, ses proches et le monde culturel dans la stupeur et l’incompréhension. Douze mois après, l’émotion reste vive, le vide immense, et les questions continuent de se poser.
Un parcours forgé par la passion et l’engagement
Praouda n’était pas un artiste comme les autres. Issu d’un milieu modeste, il a très tôt trouvé dans la musique un refuge, puis une arme d’expression. À travers des textes percutants, souvent empreints de réalisme social, il racontait les espérances et les désillusions de la jeunesse, dénonçait les injustices et appelait à la prise de conscience collective.
Son style, mêlant rap, sonorités locales et musique urbaine contemporaine, lui a valu une reconnaissance progressive mais solide. Sans tapage excessif, il s’est imposé par la force de ses mots et l’authenticité de ses messages. Chaque titre portait sa signature : une écriture sans complaisance et une fidélité assumée à ses convictions.
Révélé au public notamment avec son morceau « Ati Wè Ado Mia », il avait su séduire une communauté de fans fidèles, séduits par sa sincérité et son refus des compromis faciles.
Une disparition brutale et troublante
Le 26 décembre 2024, l’annonce de son décès est tombée comme un couperet. Victime d’un AVC déclenché trois jours plus tôt, il avait été hospitalisé en urgence avant de succomber à ses blessures au Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) de Cotonou.
Très vite, les hommages affluent sur les réseaux sociaux, mêlant émotion, douleur… et interrogations. Si la version officielle a d’abord évoqué un AVC, des proches avaient rapporté des éléments troublants sur l’évolution de son état de santé dans les jours précédents sa mort, laissant planer des zones d’ombre sur les circonstances exactes de sa disparition.
Dans les semaines qui ont suivi, des rumeurs et spéculations ont circulé, certains internautes allant jusqu’à remettre en question l’implication de proches dans le drame. Ces insinuations, extrêmement virales sur des plateformes comme TikTok, ont d’ailleurs provoqué l’intervention de la justice, avec l’audition d’un influenceur dans le cadre de l’affaire. Le dossier a finalement été classé sans suite, mais le débat public avait pris de l’ampleur.
Un héritage toujours vivant
Un an après sa disparition, Praouda continue de vivre à travers ses œuvres. Ses chansons résonnent encore dans les quartiers, sur les plateformes numériques et lors d’hommages organisés par des fans et des artistes.
Ses contributions artistiques ont inspiré une nouvelle génération de créateurs, et son engagement résonne comme une source d’inspiration. Même après sa mort, certaines de ses créations, comme le clip posthume de « La Réussite », une collaboration avec Delcos, ont marqué les esprits, rappelant combien sa poésie et sa voix avaient touché le public.
À l’occasion de ce premier anniversaire de sa disparition, les hommages se multiplient — messages de souvenir, écoutes collectives de ses titres, témoignages de proches et d’amis. Tous saluent l’homme, l’artiste et l’héritage qu’il laisse derrière lui.
Mais au-delà du recueillement, subsiste une attente : celle de la vérité. Car rendre pleinement hommage à Praouda, c’est aussi comprendre ce qui s’est réellement passé dans les derniers jours de sa vie.
Un an déjà sans Praouda
Un an plus tard, le micro s’est éteint, mais l’écho de sa voix continue de traverser le temps. Et tant que certaines zones d’ombre demeureront, son histoire restera, elle aussi, inachevée.





