Dans un contexte de recomposition profonde des relations économiques entre l’Europe et l’Afrique, le président Emmanuel Macron enclenche une nouvelle phase de la stratégie française sur le continent. Le chef de l’État a officiellement confié à Hervé Berville une mission stratégique : convaincre les grandes banques françaises de revenir s’implanter en Afrique, où leur présence s’est nettement érodée ces dernières années.
Selon un décret en date du 4 février 2026, publié cette semaine, Hervé Berville, jusqu’ici en charge de dossiers liés à la coopération internationale et au développement, est investi d’une mission temporaire auprès du gouvernement. Objectif : redynamiser la présence bancaire tricolore sur un continent considéré comme l’un des principaux pôles de croissance mondiale des prochaines décennies.
Une présence bancaire en net recul
Ces dernières années, plusieurs établissements français ont réduit la voilure, voire cédé leurs filiales africaines, invoquant des contraintes réglementaires, des exigences accrues en matière de conformité et une rentabilité jugée insuffisante face aux risques. Ce désengagement progressif a suscité des critiques, tant en France qu’en Afrique, où certains y ont vu un signal de retrait stratégique.
Pour Emmanuel Macron, il est désormais impératif de renforcer les liens économiques et financiers entre la France et les économies africaines en pleine expansion. La relance de la présence bancaire est perçue comme un levier clé pour consolider les échanges commerciaux, faciliter les investissements et accompagner la transformation structurelle des économies locales.
Le pilotage politique de cette initiative est placé sous la supervision du Premier ministre, Sébastien Lecornu. La mission confiée à Hervé Berville devra notamment repenser les modalités de partenariat entre l’État français, les institutions financières et les acteurs économiques africains.
Replacer l’économie au cœur du partenariat
Ce mandat intervient dans un contexte de redéfinition des relations entre Paris et plusieurs capitales africaines. Après une phase marquée par le recul militaire français dans certaines zones du continent et une concurrence accrue d’acteurs internationaux — notamment la Chine, les États-Unis et les pays du Golfe — la France cherche à repositionner son influence sur le terrain économique.
Le retour des banques françaises pourrait jouer un rôle structurant : financement des PME, accompagnement des projets d’infrastructures, soutien aux start-up innovantes ou encore appui aux mécanismes de transition énergétique. Autant de secteurs stratégiques pour répondre aux défis démographiques, urbains et industriels de l’Afrique.
Si certains observateurs demeurent sceptiques quant à la capacité des banques françaises à rivaliser avec des concurrents déjà solidement implantés, l’exécutif français affiche sa volonté d’adopter une approche renouvelée, fondée sur le partenariat équilibré et la coopération durable.
À travers cette initiative, Paris tente ainsi d’ouvrir un nouveau chapitre de sa relation économique avec l’Afrique, misant sur la finance comme vecteur de confiance, d’influence et de développement partagé.






