Présidentielle 2026 : la continuité face à l’alternative, l’heure du grand tournant entre Wadagni et Hounkpè

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Le Bénin s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire politique. En avril 2026, le pays tournera officiellement la page des dix années de gouvernance du président Patrice Talon. À l’horizon du scrutin du 12 avril 2026, deux figures aux trajectoires, aux profils et aux visions diamétralement opposées s’apprêtent à s’affronter dans une élection qui s’annonce décisive pour l’avenir du pays.

D’un côté, la mouvance présidentielle a choisi la continuité avec la candidature de Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances. De l’autre, l’opposition s’est rangée derrière Paul Hounkpè, président de la FCBE et chef de file de l’opposition, pour incarner l’alternative.


Paul Hounkpè, le choix politique de l’opposition

Natif de Bopa, dans le département du Mono, Paul Hounkpè est issu du monde de l’éducation. Instituteur de formation, il fait ses premiers pas en politique à l’échelle locale avant d’être élu maire de Bopa en 2008, poste qu’il occupera jusqu’en 2015. Cette même année, il rejoint le gouvernement de Boni Yayi en tant que ministre de la Culture, ce qui le propulse définitivement sur la scène nationale.

En septembre 2019, il prend la direction de la FCBE, principale formation de l’opposition. Deux ans plus tard, la percée du parti aux élections communales de 2020 lui vaut d’être consacré chef de file de l’opposition, conformément aux dispositions du code électoral. La même année, il est désigné candidat à la vice-présidence lors de la présidentielle de 2021.

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Fin stratège, Paul Hounkpè s’est imposé comme une figure de dialogue et de compromis dans un paysage politique souvent tendu. Socialiste assumé, il place l’humain au cœur de l’action publique. Pouvoir d’achat, accès aux services sociaux de base, libertés publiques et démocratie constituent l’ossature de son projet politique.

Pondéré et fort d’une longue expérience, il mise sur le rassemblement, la réconciliation nationale et le développement inclusif pour construire son offre politique. Opposant assumé au régime Talon, il n’a cessé de dénoncer ce qu’il considère comme des dérives institutionnelles, notamment la révision de la Constitution et l’instauration d’une trêve politique, qu’il juge contraires à l’esprit démocratique.


Romuald Wadagni, le choix de la continuité

Face à lui, la mouvance présidentielle a misé sur un profil résolument technocratique. Romuald Wadagni, natif de Lokossa, est un expert-comptable de renommée internationale. Il rejoint en 1998 le cabinet Deloitte, l’un des plus grands cabinets d’audit au monde, où il forge une solide réputation et un important réseau à l’international.

Séduit par son expertise, Patrice Talon le nomme en 2016 ministre de l’Économie et des Finances, avec pour mission de redresser les finances publiques. Deux ans plus tard, son portefeuille est élargi à la coopération internationale, renforçant ainsi son rôle dans la mise en œuvre de la stratégie économique du régime.

Homme de chiffres et de rigueur, Romuald Wadagni incarne la continuité du talonnisme. Son principal défi réside toutefois dans sa capacité à se muer en véritable homme politique, lui qui est resté relativement en retrait des joutes partisanes durant les dix années du pouvoir Talon.

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Un duel idéologique et stratégique

La présidentielle de 2026 se présente ainsi comme un face-à-face entre deux visions du développement.
D’un côté, Paul Hounkpè, homme politique aguerri, qui prône l’investissement dans le capital humain, la démocratie et la justice sociale.
De l’autre, Romuald Wadagni, technocrate, porteur d’un projet de poursuite et de consolidation des réformes économiques et institutionnelles engagées depuis 2016.

Si le dauphin de la mouvance bénéficie du soutien des grands partis gouvernementaux — UPR, Bloc Républicain et Moelle Bénin —, l’opposition, elle, reste un réservoir de voix non négligeable. Pour espérer l’emporter, Paul Hounkpè devra réussir à fédérer l’ensemble des forces de l’opposition, y compris Les Démocrates, autour d’un projet alternatif crédible.

Mais l’enjeu majeur reste ailleurs : mobiliser les près de 60 % d’électeurs qui s’abstiennent traditionnellement. C’est à ce prix que l’opposition pourra transformer l’alternative politique en victoire électorale.

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La bataille de 2026 est désormais lancée. Elle opposera la continuité à la rupture, la technocratie à la politique, la stabilité à la refondation. Le peuple béninois tranchera.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.