Le procès de la jeune tiktokeuse béninoise Florence Kingbo s’est ouvert ce mardi 3 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Cotonou, dans une atmosphère mêlée de tensions et d’interrogations.
Âgée d’environ 21 ans, la créatrice de contenus est poursuivie par le parquet spécial près la CRIET pour plusieurs accusations liées à la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo devenue virale dans laquelle elle critiquait ouvertement le président de la République et tenait des propos jugés provocateurs.
Des accusations multiples et une attitude remarquée
Lors de cette première audience, Florence Kingbo a assisté à l’audition en mâchant ostensiblement un chewing-gum, un comportement qui n’est pas passé inaperçu devant la cour. Interrogée sur son attitude, elle a répondu avec insolence qu’il n’y avait rien d’interdit à manger, suscitant une réaction vive de la présidente de l’audience.
La jeune femme reconnaît avoir publié la vidéo incriminée mais rejette toute irresponsabilité pénale liée à son état mental, réfutant l’argument de sa défense qui avait évoqué des troubles psychologiques. Elle a affirmé être pleinement consciente de ses actes, en manifestant une certaine défiance à l’égard du déroulement de la procédure.
Contexte des poursuites
Les faits reprochés à Florence Kingbo trouvent leur origine dans une vidéo diffusée en décembre 2025, dans laquelle elle critiquait publiquement le chef de l’État et tenait des propos jugés offensants. Cette publication avait rapidement suscité une forte polémique sur les réseaux sociaux, conduisant à son interpellation et à son placement sous mandat de dépôt à la suite de sa présentation devant le procureur spécial de la CRIET.
Les chefs d’accusation mentionnés par les médias comprennent des infractions telles que harcèlement via un système électronique, atteinte à la vie privée, incitation à la haine ou à la rébellion, bien que ces éléments restent à confirmer officiellement à l’issue du procès.
Audience interrompue et renvoi du dossier
L’audience a été marquée par plusieurs éclats de colère de la part de la prévenue, qui a notamment ironisé sur le déroulement de son procès et exprimé qu’elle se sentait « trop à l’aise en prison », ce qui a poussé la présidente à faire évacuer temporairement la salle pour rétablir l’ordre.
Au terme de cette première audience, la cour a décidé de renvoyer l’affaire au mardi 24 mars 2026, afin que le ministère public formule ses réquisitions et qu’une décision soit prise sur la demande de mise en liberté provisoire présentée par la défense.
Un procès suivi par l’opinion
Cette affaire a attiré l’attention des observateurs et des utilisateurs de réseaux sociaux, car elle soulève des questions sur la liberté d’expression, la responsabilité sur les plateformes numériques et la manière dont les autorités judiciaires traitent les contenus diffusés par les influenceurs sur Internet. L’évolution de ce procès, particulièrement dans le contexte des débats autour des libertés individuelles et de la régulation des contenus en ligne, sera suivie de près dans les semaines à venir.






