Alors que les élections législatives et communales du 11 janvier 2026 appartiennent désormais au passé immédiat, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) continue de garder le silence sur la publication des grandes tendances issues des urnes. Une situation qui irrite profondément partis politiques, citoyens et acteurs de la société civile, et qui alimente un climat de frustration, de spéculations et de doute.
Une naissance sans cesse annoncée… puis reportée
Conformément au calendrier électoral, la CENA avait annoncé la publication des grandes tendances pour le mercredi 14 janvier, avant de la reporter au jeudi 15 janvier, invoquant des contraintes internes. Mais à ces deux dates, aucune communication officielle, aucun chiffre, aucun signal clair. Résultat : une population laissée dans l’expectative, oscillant entre espoir et exaspération.
Dans un contexte politique sensible, où les grandes tendances constituent le premier baromètre de l’issue du scrutin, ce silence prolongé nourrit rumeurs, accusations et interprétations parfois hasardeuses. La communication défaillante de l’organe électoral pose ainsi une question centrale : la CENA maîtrise-t-elle encore le tempo de ce processus qu’elle est censée piloter ?
Des explications techniques qui peinent à convaincre
Pour justifier ce retard, la CENA évoque la poursuite des opérations de compilation, de centralisation et de certification des résultats, étapes nécessaires avant la transmission des données à la Cour constitutionnelle, seule habilitée à proclamer les résultats définitifs.
Si ces exigences techniques sont compréhensibles, elles ne suffisent plus à apaiser une opinion publique qui réclame avant tout de la clarté, de la pédagogie et une communication régulière. Dans un climat politique déjà fortement mobilisé, ce déficit d’information entretient la méfiance, notamment au sein des partis d’opposition et des organisations de la société civile.
Une attente qui fragilise la confiance démocratique
Au-delà du retard lui-même, c’est surtout l’absence de visibilité sur l’état d’avancement du processus qui inquiète. Les grandes tendances sont censées offrir une première lecture des résultats, en attendant la proclamation définitive par la Cour constitutionnelle dans les délais légaux.
Ce silence prolongé fragilise la crédibilité de la CENA à un moment où la démocratie béninoise est particulièrement scrutée, à l’orée de la présidentielle. Dans un pays reconnu pour sa tradition démocratique, les retards répétés dans la communication électorale peuvent être perçus comme un manquement grave à la transparence et à l’efficacité institutionnelle.
La CENA face à l’épreuve de la transparence
Aujourd’hui, l’attente s’apparente à une salle d’accouchement surchauffée : le peuple béninois veut voir le résultat, peu importe la méthode, pourvu que la vérité des urnes soit dite. Les appels se multiplient pour que la CENA publie sans délai les grandes tendances et mette fin à cette gestation interminable.
Dans une démocratie mature, le respect des délais et la transparence électorale ne sont pas des options, mais des obligations. La CENA est désormais face à un choix clair : accoucher enfin, rassurer la nation et restaurer la confiance, ou s’exposer à une crise de crédibilité dont les conséquences pourraient dépasser le simple cadre électoral.






