Alors que les cérémonies d’installation des nouveaux conseils communaux étaient annoncées pour ce vendredi sur toute l’étendue du territoire national, un report de dernière minute, sans nouvelle date, est venu créer la surprise et raviver les spéculations dans l’opinion publique.
Aucune communication officielle détaillée n’a, pour l’heure, accompagné cette décision. Toutefois, selon plusieurs sources administratives et politiques concordantes, ce report ne serait pas le fruit du hasard. Il résulterait plutôt d’un faisceau de facteurs à la fois juridiques, politiques et sécuritaires.
1. Des contentieux électoraux encore pendants
L’une des principales raisons évoquées reste l’existence de recours toujours en instance devant la Cour suprême concernant les élections communales du 11 janvier dernier.
Dans plusieurs communes, des contestations portent sur la régularité des résultats, la validité de certains procès-verbaux ou encore la proclamation définitive des élus.
Procéder à l’installation des conseillers alors que des décisions de justice sont encore attendues exposerait l’administration à un risque d’illégalité et à d’éventuelles annulations a posteriori.
2. Des tensions politiques dans certaines communes
Dans plusieurs localités, les équilibres issus des urnes sont fragiles. Des rivalités internes aux partis, des alliances de circonstance et des accusations de « marchandage politique » compliqueraient la désignation consensuelle des exécutifs communaux.
Des sources évoquent des menaces de troubles et des risques d’affrontements lors des cérémonies dans certaines communes sensibles. Le pouvoir central aurait préféré désamorcer ces foyers de tension avant toute installation officielle.
3. Des divergences au sommet de l’État
Le report pourrait également traduire des désaccords internes sur la gestion politique de la nouvelle mandature communale.
Certains acteurs au sommet de l’appareil d’État plaideraient pour une relecture stratégique des rapports de force locaux avant toute validation définitive des conseils.
Dans un contexte pré-présidentiel, chaque commune devient un enjeu politique majeur, capable d’influencer les futures échéances nationales.
4. Des problèmes administratifs et logistiques
Selon certaines sources, plusieurs dossiers d’élus n’étaient pas encore entièrement régularisés :
erreurs dans les arrêtés,
incohérences dans les listes officielles,
retards dans la transmission des documents.
Une installation précipitée aurait pu créer un chaos administratif et exposer l’État à des recours en cascade.
5. La crainte d’un effet domino national
Le caractère généralisé du report — touchant toutes les communes du pays — suggère une décision centrale visant à éviter une gestion au cas par cas, qui aurait créé des disparités et accentué les tensions locales.
Le gouvernement aurait opté pour une pause stratégique, le temps de « nettoyer » tous les points de blocage avant de relancer le processus dans un climat plus apaisé.
Un silence officiel qui alimente les interrogations
En l’absence d’une note explicative détaillée, ce report sine die suscite inquiétude, frustration et soupçons.
Pour de nombreux observateurs, seule une communication transparente des autorités permettra de restaurer la confiance et de rassurer les populations sur la suite du processus de décentralisation.
D’ici là, les conseillers élus restent dans l’expectative, et les communes dans une transition prolongée dont l’issue demeure incertaine.






