Dans une séance marquante de l’Assemblée nationale, les députés français ont adopté en première lecture un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Ce texte, soutenu par le gouvernement d’Emmanuel Macron et vivement souhaité par une partie de la classe politique, est présenté comme une réponse aux inquiétudes grandissantes autour de l’impact des plateformes numériques sur la santé mentale et le bien-être des adolescents.
Un texte ambitieux pour protéger les jeunes
Le cœur du projet de loi prévoit que « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans » : une formulation adoptée à l’Assemblée nationale après plusieurs amendements. Cette interdiction concernerait les réseaux sociaux tels qu’Instagram, Snapchat ou TikTok, devenus omniprésents dans la vie des jeunes Français.
Les partisans de la loi estiment que les réseaux sociaux exposent trop tôt les enfants à des contenus parfois inadaptés, favorisent le cyberharcèlement, augmentent la comparaison sociale et peuvent nuire à la concentration, au sommeil ou à l’estime de soi — des arguments renforcés par des alertes récentes sur les effets négatifs de ces plateformes sur la santé mentale des adolescents.
Un calendrier progressif
Si l’interdiction devient définitive après l’adoption par le Sénat puis une troisième lecture, la mesure pourrait entrer en vigueur dès la rentrée scolaire 2026 pour les nouveaux comptes, avec une mise en place effective de systèmes de vérification d’âge pour tous les utilisateurs d’ici début 2027.
Débats et perspectives
Le texte a été approuvé par une large majorité de députés, mais il fait encore l’objet de discussions, notamment sur la manière dont l’interdiction sera techniquement appliquée et contrôlée. Certains critiques jugent la mesure trop restrictive ou difficile à faire respecter, soulignant qu’elle pourrait encourager des contournements technologiques ou poser des questions sur la vie privée en ligne.
L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans doit encore être examinée par le Sénat avant de devenir définitivement loi. Si elle est confirmée, la France deviendrait l’un des premiers pays en Europe à imposer officiellement une limite d’âge aussi élevée pour l’accès aux réseaux sociaux.






