La vente illicite de médicaments s’est invitée au cœur d’un centre de santé public dans le département des Collines, révélant une pratique qui dépasse largement le cadre des marchés informels et touche désormais des établissements supposés garants de la sécurité sanitaire de la population.
Dans la localité de Touï Gare, commune de Ouèssè, une sage-femme responsable du centre de santé et deux aides-soignantes ont été placées sous mandat de dépôt et écrouées suite à des poursuites pour vente illicite et trafic de faux médicaments, a appris notre rédaction.
Un stratagème mis en place dans un centre de santé
De sources concordantes, les agents mis en cause exploitaient la confiance des patients qui consultaient au centre pour leur proposer des médicaments de qualité inférieure ou même contrefaits à la place des produits authentiques disponibles en pharmacie.
Les médicaments officiellement fournis par la structure — financés collectivement pour les soins des usagers — étaient détournés et remplacés par des versions falsifiées vendues aux patients, souvent sans qu’ils soient en mesure de vérifier l’authenticité ou la qualité des produits remis.
Pire, même lorsque certains médicaments manquaient dans les stocks réglementaires du centre, on proposait aux patients des substituts présentés comme conformes, mais qui s’avéraient être des produits contrefaits ou de qualité douteuse.
Enquête et suites judiciaires
Alertées par des plaintes et des soupçons de pratiques irrégulières, Le Potentiel nous informe que les autorités sanitaires ont lancé des investigations ciblées qui ont permis d’identifier la sage-femme et ses deux collaboratrices comme les principales actrices de ce circuit parallèle frauduleux au sein du centre.
Après leur interpellation et garde à vue, les trois femmes ont été présentées au procureur de la République près le tribunal d’Abomey, puis le dossier a été transmis au procureur spécial de la Commission républicaine des enquêtes et investigations techniques (Criet). Celui-ci a ordonné leur placement sous mandat de dépôt en attendant un procès prévu pour février prochain.
Un rappel des enjeux pour la santé publique
Cette affaire met en lumière une réalité préoccupante : la prolifération de médicaments illicites et faux médicaments n’est pas seulement une question de vente de rue ou de marchés informels. Elle peut aussi s’installer dans des lieux de soins où les patients placent leur confiance dans les compétences et l’éthique des professionnels de santé.
La circulation de médicaments contrefaits représente une menace majeure pour la santé publique, diminuant l’efficacité des traitements et exposant les populations à des risques graves. À l’échelle africaine et mondiale, la vente de produits pharmaceutiques falsifiés ou de qualité inférieure constitue un enjeu majeur, souvent lié à des réseaux de distribution illégaux qui opèrent en marge des circuits réglementés.
Les autorités sanitaires et judiciaires sont aujourd’hui confrontées à la fois à la nécessité de renforcer les contrôles dans les établissements et à sensibiliser davantage les populations sur les dangers des médicaments falsifiés, afin de protéger la santé des citoyens et de maintenir la confiance dans le système de soins.






