Le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, président du parti Union Progressiste Le Renouveau (UP-R), a été plébiscité président de l’Assemblée nationale à l’issue de l’élection ayant suivi l’installation solennelle des députés de la 10ᵉ législature.
Il a été élu à l’unanimité, avec 109 voix sur 109, consacrant ainsi un moment politique historique dans l’hémicycle du Palais des Gouverneurs à Porto-Novo.
Cette désignation, sans surprise mais hautement symbolique, consacre l’ascension d’un homme-clé du système politique actuel et confirme la domination de la mouvance présidentielle sur toutes les grandes institutions de la République.
Un leadership consolidé au sein de la majorité
Joseph Djogbénou est issu de l’Union Progressiste Le Renouveau (UP-R), formation majoritaire dans la nouvelle Assemblée avec 60 sièges sur 109, contre 49 pour le Bloc Républicain (BR).
Ce rapport de force, marqué par l’absence d’une opposition parlementaire classique, offre à la majorité présidentielle une domination quasi totale de l’hémicycle.
Son élection traduit ainsi une configuration politique où le parti au pouvoir ne se contente plus de gouverner l’Exécutif, mais contrôle désormais tous les leviers institutionnels majeurs, y compris le perchoir.
Un parcours au sommet de l’État
Joseph Djogbénou n’est pas un novice dans les hautes sphères de l’État. Son itinéraire est marqué par une ascension continue :
Avocat et universitaire, spécialiste en droit privé et en sciences criminelles ;
Professeur à l’Université d’Abomey-Calavi ;
Ancien ministre de la Justice et de la Législation (2016-2018) ;
Ancien président de la Cour constitutionnelle (2018-2022) ;
Président de l’UP-R depuis 2022.
Cette trajectoire fait de lui l’un des acteurs les plus influents de la scène institutionnelle béninoise. À la tête de l’Assemblée nationale, il incarne désormais la continuité du pouvoir et la stabilité du système.
Une fonction au cœur de l’équilibre républicain
La présidence de l’Assemblée nationale est bien plus qu’un simple poste protocolaire. Elle fait du titulaire :
le chef de la chambre législative, garant de la discipline et de l’agenda parlementaire ;
le principal interlocuteur de l’Exécutif ;
le pilier du contrôle de l’action gouvernementale.
Dans un contexte où Parlement et Exécutif partagent la même orientation politique, la mission devient délicate : soutenir le programme présidentiel tout en préservant l’indépendance du pouvoir législatif.
Une majorité forte, un débat fragile ?
Les élections législatives du 11 janvier 2026 ont confirmé l’hégémonie de la mouvance présidentielle, laissant l’hémicycle sans opposition parlementaire classique.
Si cette configuration garantit une stabilité institutionnelle, elle interroge aussi sur la vitalité du débat démocratique et sur la capacité du Parlement à jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir.
À cela s’ajoute la réforme constitutionnelle qui étend désormais le mandat des députés à sept ans, conférant à cette législature une portée historique et une responsabilité accrue.
Entre espoirs et vigilance
La présidence de Joseph Djogbénou ouvre une nouvelle ère parlementaire. Elle peut être le levier :
d’une législation structurante pour le développement ;
d’un dialogue renforcé avec l’Exécutif ;
d’un contrôle plus crédible de l’action gouvernementale.
Mais elle pose aussi un défi majeur : éviter que la force de la majorité ne se transforme en uniformité de pensée.
Une page décisive pour la démocratie béninoise
En portant Joseph Djogbénou au perchoir, la 10ᵉ législature inscrit son nom dans l’histoire politique du Bénin.
Cette élection symbolise à la fois l’affirmation de l’UP-R comme force dominante, l’avènement d’un leadership institutionnel expérimenté et l’ouverture d’un nouveau chapitre où le Parlement est attendu au tournant.
Plus que jamais, les regards sont braqués sur l’hémicycle. La législature Djogbénou devra prouver qu’une majorité absolue peut rimer avec responsabilité démocratique.






