À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2026, célébrée ce dimanche 03 mai, la Plateforme des promoteurs et acteurs pour le développement des médias du Bénin (PADeM-Bénin) a marqué les esprits par un message engagé. Portée par la voix de son président, Ilarion Kingnon, cette déclaration sonne comme un appel pressant en faveur de la survie économique des entreprises de presse.
La veille de cette commémoration mondiale, instaurée pour rappeler aux États leur devoir de garantir la liberté d’expression et de soutenir les médias , l’organisation a officiellement lancé ses activités en mettant en lumière les difficultés profondes qui minent le secteur au Bénin.
Au cœur des préoccupations : une pression fiscale jugée étouffante. Selon la PADeM-Bénin, les charges actuelles ne tiennent pas compte de la fragilité économique des entreprises de presse, déjà confrontées à un marché publicitaire restreint et à des coûts de fonctionnement élevés. Résultat : plusieurs organes peinent à survivre, tandis que d’autres frôlent la fermeture.
Face à ce constat, la plateforme propose une mesure forte : l’instauration d’allègements fiscaux adaptés aux réalités du secteur. Une telle réforme, estime-t-elle, offrirait un répit indispensable aux médias, leur permettant de maintenir leurs activités et de continuer à jouer leur rôle fondamental dans la démocratie.
Force est de constater une inégalité de traitement entre les professions. Certains corps de métier ont récemment bénéficié de mesures fiscales avantageuses, sous l’impulsion du président Patrice Talon. Dès lors, la question se pose avec acuité : pourquoi les entreprises de presse, pourtant essentielles à la vitalité démocratique, ne bénéficieraient-elles pas d’un accompagnement similaire ?
Au-delà de cette revendication fiscale, la PADeM-Bénin insiste sur l’urgence d’une politique globale de soutien au secteur. Elle exhorte notamment les autorités à accélérer la mise en œuvre du fonds d’appui au développement des médias, attendu depuis plusieurs années par les professionnels.
En filigrane, c’est toute la question de la viabilité de la presse béninoise qui est posée. Car sans médias économiquement solides, difficile de garantir une information libre, pluraliste et de qualité. À travers cet appel, la PADeM-Bénin réaffirme ainsi son engagement pour une presse à la fois indépendante, responsable et durable — pilier incontournable de l’État de droit et du développement national.



