Le tiktokeur béninois Steve Wotto a comparu ce lundi 11 mai 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) dans une affaire liée à ses publications sur les réseaux sociaux. Le prévenu est poursuivi pour « harcèlement par le biais d’une communication électronique », « incitation à la haine et à la rébellion » ainsi que pour « apologie contre la sûreté de l’État ».
À la barre, Steve Wotto a plaidé non coupable. Selon ses déclarations, il se serait lui-même présenté aux autorités après avoir appris, à travers les réseaux sociaux, qu’il était activement recherché. Il a soutenu n’avoir jamais eu l’intention de porter atteinte à la sûreté de l’État ni d’inciter à la violence à travers ses vidéos devenues virales ces derniers mois.
Au cours des investigations, le prévenu aurait toutefois confié aux enquêteurs avoir été profondément affecté par les conséquences de ses publications. « J’ai peur des conséquences de tout ce que j’ai publié (…) Si j’avais eu tôt l’information, je me serais suicidé. J’ai attiré la honte sur toute ma famille », aurait-il déclaré, selon des éléments rapportés dans le dossier.
L’audience a également été marquée par quelques échanges tendus. Le juge aurait recadré le prévenu après certaines déclarations faites à la barre, l’invitant à davantage de retenue dans ses propos devant la juridiction.
Arrêté en avril dernier, Steve Wotto s’était fait remarquer sur TikTok et Facebook à travers des vidéos critiques et des prises de position virulentes contre certaines autorités béninoises. Son interpellation avait suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et ravivé le débat autour des limites de la liberté d’expression sur les plateformes numériques.
À l’issue de l’audience de ce lundi, le dossier a été renvoyé au 22 juin 2026 pour la poursuite des débats judiciaires.



