Un mois après son investiture à la magistrature suprême, le président Romuald Wadagni imprime progressivement sa marque à la tête de l’État. Entre la mise en place de son équipe gouvernementale, les premiers signaux diplomatiques et les priorités affichées en matière de sécurité, de développement économique et de cohésion sociale, les trente premiers jours du nouveau régime offrent déjà des indications sur l’orientation du septennat qui s’ouvre.
Le 24 mai 2026 restera une date historique dans la vie politique béninoise. Ce jour-là, au Palais des Congrès de Cotonou, Romuald Wadagni a prêté serment devant la Cour constitutionnelle et est devenu officiellement le cinquième président de la République du Bénin depuis le Renouveau démocratique de 1990. Ancien ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, il succédait ainsi à Patrice Talon au terme de dix années de gouvernance marquées par d’importantes réformes économiques et institutionnelles.
Dès son investiture, le nouveau chef de l’État a placé son mandat sous le signe de la continuité des réformes tout en promettant une amélioration tangible des conditions de vie des populations. Dans son discours inaugural, il a insisté sur la nécessité de créer davantage d’emplois, de renforcer l’accès aux services sociaux de base et de consolider la protection sociale des citoyens.
Une équipe gouvernementale rapidement constituée
L’une des premières décisions majeures du nouveau président a été la mise en place de son gouvernement. Cette célérité visait à éviter toute période d’incertitude institutionnelle et à permettre une prise en main rapide des dossiers prioritaires. Le choix des personnalités appelées à conduire l’action gouvernementale a été scruté de près par l’opinion publique, désireuse de savoir si le nouveau président opterait pour une rupture ou pour une continuité avec l’équipe sortante.
Les premières nominations ont révélé une volonté d’associer expérience, technocratie et renouvellement, dans le but de maintenir le rythme des réformes engagées tout en apportant un souffle nouveau à l’action publique.
La sécurité au cœur des préoccupations
Au cours de ce premier mois de gouvernance, la question sécuritaire s’est imposée comme l’un des dossiers les plus sensibles. Face à la persistance de la menace terroriste dans les régions septentrionales du pays, le président Wadagni a réaffirmé son engagement à renforcer les capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité.
Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité d’une coopération régionale accrue avec les pays voisins confrontés aux mêmes défis sécuritaires. Cette orientation s’inscrit dans un contexte sous-régional marqué par l’expansion des groupes armés terroristes dans le Sahel et leurs tentatives de pénétration vers les États côtiers.
Premiers gestes diplomatiques
Les trente premiers jours du mandat ont également été marqués par une intense activité diplomatique. La présence de plusieurs délégations étrangères lors de la cérémonie d’investiture a donné le ton d’une diplomatie axée sur le dialogue et le renforcement des relations régionales.
Le nouveau président semble particulièrement attaché à la consolidation des relations avec les pays voisins ainsi qu’avec les partenaires traditionnels du Bénin. Cette dynamique diplomatique vise notamment à soutenir les ambitions économiques du pays et à renforcer la coopération sécuritaire dans la sous-région.
L’économie, principal chantier du septennat
Fort de son expérience de dix années à la tête du ministère de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni est particulièrement attendu sur les questions économiques. Durant son premier mois au pouvoir, plusieurs signaux ont été envoyés en faveur de la poursuite des réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires, attirer davantage d’investissements et accélérer la transformation structurelle de l’économie béninoise.
L’amélioration du pouvoir d’achat des ménages, la création d’emplois pour les jeunes et l’accélération des grands projets d’infrastructures figurent parmi les attentes les plus fortes des populations à l’égard du nouveau régime.
Entre espoirs et attentes
Après trente jours d’exercice du pouvoir, le président Romuald Wadagni bénéficie encore de l’état de grâce généralement accordé aux nouveaux dirigeants. Toutefois, les attentes demeurent nombreuses. Les citoyens espèrent des réponses concrètes aux préoccupations liées à l’emploi, au coût de la vie, à la sécurité et à l’amélioration des services publics.
Si ce premier mois a surtout été consacré à l’installation des nouvelles institutions et à la définition des priorités, les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité du nouveau chef de l’État à traduire ses engagements en actions concrètes.
Une chose est certaine : le septennat de Romuald Wadagni a démarré sous le signe de la continuité réformatrice, mais avec l’obligation de produire des résultats perceptibles pour les populations. Les trente premiers jours ne constituent qu’une étape inaugurale d’un mandat dont les Béninois attendent beaucoup.



