Deux ans après l’annonce de sa reconstruction, le pont de Djonou, à Godomey dans la commune d’Abomey-Calavi, n’a toujours pas fait l’objet du moindre chantier. Les récentes inondations ayant paralysé cet axe stratégique ont ravivé les interrogations des usagers. Face à ces préoccupations, le gouvernement assure que le projet n’a pas été abandonné, mais profondément repensé afin de répondre à des ambitions beaucoup plus larges.
Invité de l’émission Sous l’arbre à palabres, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a expliqué que le projet initial a changé de dimension après son intégration dans un vaste programme de mobilité urbaine financé par la Banque mondiale. Cette évolution, selon lui, a nécessité une reprise complète des études techniques avant le lancement des travaux.
« Nous sommes entrés dans un programme avec la Banque mondiale, un programme de mobilité urbaine dans lequel le pont de Djonou, tout comme l’ancien pont de Cotonou, a été intégré », a indiqué le ministre, précisant que le gouvernement a choisi d’opter pour un ouvrage plus moderne, plus résilient et capable d’accompagner les besoins futurs du pays.
Au-delà de la simple reconstruction de l’infrastructure, l’Exécutif nourrit désormais une ambition plus vaste : développer un véritable réseau de transport fluvial reliant Porto-Novo, Cotonou et Abomey-Calavi. Pour atteindre cet objectif, le futur pont devra permettre une meilleure circulation sur le plan d’eau et répondre à des exigences techniques qui n’étaient pas prévues dans le projet initial.
« Nous voulons exploiter pleinement notre réseau lagunaire afin de favoriser le transport fluvial entre Porto-Novo, Cotonou et Calavi. Cela impose des infrastructures adaptées et des dimensions plus importantes », a souligné Wilfried Léandre Houngbédji.
Conscient des difficultés rencontrées par les populations, notamment lors des fortes pluies, le président de la République a, selon le porte-parole, instruit le ministre du Cadre de vie et des Transports d’accélérer les procédures afin que les travaux puissent démarrer dans les meilleurs délais.
En attendant le lancement effectif du chantier, des mesures provisoires ont été mises en place pour limiter les risques d’inondation. Le gouvernement indique que des équipements spécialisés, notamment des pelles amphibies et d’autres moyens de drainage, ont été mobilisés afin de faciliter l’évacuation rapide des eaux et prévenir de nouveaux débordements.
Une fois les études finalisées, les autorités estiment que la reconstruction du pont nécessitera entre deux et trois années de travaux. Le futur ouvrage devrait offrir une meilleure évacuation des eaux, renforcer la sécurité des usagers et améliorer durablement la fluidité de la circulation dans cette zone névralgique du Grand Nokoué.
Ces explications interviennent quelques jours après les importantes précipitations du 30 juin, qui avaient provoqué le débordement des eaux au niveau du pont de Djonou (Houédonou), rendant impraticable une partie de la Route nationale inter-États n°2 entre Cotonou et Abomey-Calavi. Durant plusieurs jours, les automobilistes avaient été contraints d’emprunter des itinéraires de déviation via Kpota, Bidossessi, l’IITA, Hêvié, Cocotomey ou encore Womey.
Grâce aux opérations de drainage menées par l’Agence béninoise de protection civile (ABPC), appuyée par des motopompes et des pelles amphibies, la circulation a finalement été entièrement rétablie dans les deux sens le samedi 4 juillet aux environs de 20 heures, mettant fin aux perturbations qui avaient affecté des milliers d’usagers.



