La course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies est entrée dans une phase décisive. Le Conseil de sécurité a procédé, jeudi 30 juillet 2026, à son premier vote indicatif, une consultation informelle destinée à mesurer le niveau de soutien dont bénéficient les différents candidats. Cette première séquence ne vaut pas décision et ne permet pas, à elle seule, de désigner le futur Secrétaire général de l’ONU. Plusieurs tours sont encore susceptibles d’intervenir avant qu’un consensus se dégage.
Ce premier test diplomatique a toutefois permis de dégager une tendance. La Costaricienne Rebeca Grynspan arrive en tête avec dix voix « encourageantes », devant la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett, créditée de neuf voix, tandis que l’Argentin Rafael Grossi recueille sept soutiens. Le vote, effectué à huis clos, permet aux membres du Conseil de sécurité d’exprimer leur encouragement, leur opposition ou leur absence d’avis sur chaque candidature.
Cette première hiérarchie place ainsi une candidature féminine issue du groupe de l’Amérique latine et des Caraïbes au premier rang. Elle confirme également le poids de cette région dans la course à la succession de Guterres, alors que plusieurs des candidats en lice en sont originaires.
Du côté de Macky Sall, l’heure n’est cependant pas au renoncement. Son équipe de campagne invite à relativiser la portée de ce premier scrutin, rappelant qu’il s’agit d’un mécanisme informel et non contraignant. Selon cette lecture, les résultats enregistrés le 30 juillet constituent davantage un indicateur de tendance qu’un verdict sur l’issue de la compétition.
La prudence est d’autant plus nécessaire que le système de vote utilisé au Conseil de sécurité ne permet pas encore de savoir précisément quels membres permanents — Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni ou Russie — ont exprimé leur opposition à une candidature. Dans les premiers tours, les bulletins sont conçus de manière à ne pas révéler l’origine des éventuels votes négatifs. Ce n’est qu’à un stade ultérieur du processus que les positions des cinq membres permanents pourront être davantage identifiées.
L’enjeu est majeur : pour qu’une candidature soit finalement recommandée par le Conseil de sécurité à l’Assemblée générale, elle doit obtenir au moins neuf voix favorables sur quinze et ne faire l’objet d’aucun veto d’un membre permanent. Le choix final revient ensuite à l’Assemblée générale des Nations unies, conformément à l’article 97 de la Charte.
À ce stade, aucun candidat ne peut donc se considérer comme définitivement distancé ou assuré de l’emporter. Le processus prévoit d’autres consultations et votes indicatifs, au cours desquels les rapports de force peuvent encore évoluer.
Pour Macky Sall, la bataille reste ainsi ouverte. Son équipe entend poursuivre ses démarches diplomatiques et sa mobilisation en perspective des prochaines étapes. L’ancien président sénégalais, candidat porté par le Burundi, cherche toujours à convaincre les membres du Conseil de sécurité qu’il peut incarner une nouvelle étape pour l’Organisation des Nations unies.
La première manche a certes fait émerger une tendance favorable à Rebeca Grynspan, mais elle n’a pas encore livré le nom du prochain Secrétaire général. La véritable épreuve se jouera dans les prochains tours, lorsque les membres du Conseil tenteront de transformer les soutiens dispersés en un consensus susceptible d’aboutir à une recommandation formelle.



