Couverture médiatique de l’extrémisme violent : la HAAC renforce les réflexes professionnels des journalistes

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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À Abomey, l’instance de régulation réunit des professionnels des médias pour trois jours de formation consacrés au traitement des informations sensibles liées à l’extrémisme violent

Comment informer sur l’extrémisme violent sans devenir, malgré soi, un relais de sa communication ? Comment garantir le droit du public à l’information tout en préservant la sécurité, la dignité des victimes et la responsabilité éditoriale ? Ce sont quelques-unes des questions au cœur du séminaire de formation organisé par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à l’intention des professionnels des médias.

Lancée ce lundi 21 septembre 2026 à Abomey, cette rencontre réunit plusieurs journalistes venus notamment des départements de l’intérieur et des zones frontalières du Bénin. Pendant trois jours, les participants sont appelés à renforcer leurs connaissances et leurs pratiques professionnelles face à des situations où l’information peut rapidement devenir un enjeu de sécurité.

Informer sans servir de caisse de résonance

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La couverture des faits liés à l’extrémisme violent présente des exigences particulières. Dans ce type de contexte, les images, les déclarations, les vidéos et les messages diffusés par les médias peuvent contribuer à informer le public, mais aussi, s’ils sont relayés sans précaution, amplifier la portée d’une communication destinée à semer la peur ou à provoquer des réactions.

C’est précisément autour de cette ligne de crête que s’articule la formation initiée par la HAAC. L’objectif affiché n’est pas de soustraire les événements sensibles au regard des médias, mais d’aider les journalistes à mieux apprécier les informations qu’ils reçoivent, à vérifier leur authenticité et à mesurer les conséquences possibles de leur diffusion.

Au nom du président de la HAAC, Me Mohamed Baré, le vice-président de l’institution a ainsi insisté sur la nécessité de préserver l’équilibre entre liberté de la presse et responsabilité professionnelle.

« Il s’agit de vous doter d’outils rigoureux pour concilier le droit à l’information et le devoir de sécurité et d’éthique », a-t-il déclaré, avant de poser une interrogation centrale : « Chaque image choc diffusée, chaque manifeste relayé pose une question fondamentale : les médias informent-ils réellement, ou servent-ils d’outils de propagande ? »

La vérification au cœur du traitement de l’information

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Pour la HAAC, la première réponse à ce défi passe par la rigueur journalistique. Dans un environnement où les réseaux sociaux accélèrent la circulation des contenus, la vérification des sources devient particulièrement déterminante.

Le secrétaire général de la HAAC, François Awoudo, a, lui aussi, mis l’accent sur les enjeux liés à la couverture de l’extrémisme violent. Selon lui, ces phénomènes cherchent notamment à investir l’espace médiatique, à exploiter la peur et à accentuer les fractures au sein de la société.

Dans ce contexte, les professionnels des médias sont appelés à faire preuve de discernement, notamment face aux contenus dont l’origine, l’authenticité ou le contexte ne sont pas suffisamment établis.

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L’enjeu consiste donc à distinguer l’information d’intérêt public des contenus susceptibles de contribuer à la diffusion d’une propagande, tout en évitant que la recherche du spectaculaire ne prenne le pas sur les exigences fondamentales du journalisme.

Victimes : informer sans porter atteinte à la dignité

La formation accorde également une place importante au traitement des victimes. Dans la couverture des violences, la publication d’images ou d’informations permettant d’identifier certaines personnes peut soulever des questions éthiques majeures.

Le respect de la dignité humaine constitue dès lors un autre axe de réflexion pour les participants. Il s’agit notamment de réfléchir aux conditions dans lesquelles les faits peuvent être rapportés sans exposer inutilement les victimes, leurs proches ou les personnes vulnérables.

Cette approche rejoint une exigence plus large : donner au public les éléments nécessaires à la compréhension des événements, sans transformer la souffrance humaine en spectacle médiatique.

La sécurité des journalistes également au programme

Au-delà de la qualité du traitement éditorial, la formation aborde la sécurité des professionnels appelés à travailler sur le terrain. Dans les zones exposées aux violences, le journaliste peut lui-même être confronté à des risques particuliers.

Les échanges portent ainsi sur les précautions à prendre avant, pendant et après les reportages, ainsi que sur la nécessité d’intégrer la sécurité dans la préparation même du travail journalistique.

Trois jours durant, communicateurs et participants doivent approfondir plusieurs thématiques, notamment la rigueur terminologique dans le traitement des actes terroristes, la vérification des sources, la protection et le respect de la dignité des victimes ainsi que la sécurité des journalistes sur le terrain.

Une presse libre, mais consciente de ses responsabilités

À travers cette initiative, la HAAC entend rappeler que la liberté de la presse s’accompagne d’exigences professionnelles particulières lorsque les médias sont confrontés à des informations susceptibles d’avoir des conséquences sur la sécurité et la cohésion sociale.

En clôturant son intervention, le vice-président de la HAAC a souligné la responsabilité des journalistes dans la prévention de la peur et de la division : « Le journaliste de qualité est un rempart contre la peur et la division. En informant le public de manière factuelle, équilibrée et responsable, vous contribuez activement à la résilience de nos sociétés face à la violence. »

À Abomey, la formation ouvre ainsi un espace de réflexion sur une question devenue incontournable pour les rédactions : comment rester au plus près des faits, répondre au droit du public à l’information et, dans le même temps, éviter que la couverture médiatique ne contribue involontairement à amplifier les effets recherchés par les auteurs de violences ?

Pour la HAAC, la réponse passe par une information vérifiée, contextualisée, respectueuse des victimes et fondée sur les principes du journalisme professionnel.

 

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.