De la vérification des images aux risques juridiques : l’APDD outille les jeunes pour mieux lutter contre la désinformation en ligne

LA DIRECTION DE PUBLICATION
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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Dans le cadre du projet « Ma Voix Compte : Protéger et amplifier la voix des jeunes sur Internet », l’ONG Amicale Pour le Développement Durable (APDD) poursuit son cycle de sensibilisation consacré à la citoyenneté numérique, à la lutte contre la désinformation et à la protection de la liberté d’expression en ligne. Les 14e, 15e, 16e et 17e webinaires ont permis aux participants de franchir une nouvelle étape : passer de la connaissance des mécanismes de la désinformation à la maîtrise des méthodes professionnelles de vérification, des outils numériques et des principaux enjeux juridiques liés aux contenus diffusés sur Internet.

Du fact-checking professionnel à l’analyse juridique

La 14e session a été consacrée aux techniques professionnelles de fact-checking. Sous la conduite de l’expert Jean-Jacques SOMAKPO, les participants ont été invités à dépasser les simples réflexes de doute pour adopter une démarche structurée, fondée sur l’identification de l’affirmation, la hiérarchisation des sources, le recoupement et la traçabilité des recherches.

L’expert a notamment présenté les principes de la charte de l’International Fact-Checking Network (IFCN), en insistant sur la non-partisanerie, la transparence des sources et du financement, la clarté de la méthodologie ainsi que la possibilité de corriger publiquement une erreur.

Une attention particulière a également été accordée à la hiérarchie des sources. La source primaire — document officiel, donnée brute ou déclaration originale — doit être privilégiée par rapport aux sources secondaires et tertiaires. Cette approche vise à éviter qu’une succession de publications sur les réseaux sociaux soit considérée, à tort, comme une confirmation.

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Les échanges ont aussi porté sur les difficultés d’accès aux sources institutionnelles et sur la nécessité, pour le vérificateur, de documenter ses démarches lorsqu’une réponse officielle tarde à parvenir.

Images et vidéos : apprendre à ne pas se fier aux apparences

La 15e session a approfondi l’analyse des contenus visuels. L’expert SOMAKPO a présenté une méthode reposant notamment sur quatre vérifications : l’origine du contenu, sa date, sa localisation et son contexte.

Les participants ont découvert ou approfondi l’utilisation de plusieurs outils de recherche inversée, notamment Google Lens, TinEye et Yandex, ainsi que l’analyse des métadonnées EXIF. L’expert a toutefois rappelé que ces métadonnées peuvent être supprimées lors du transfert d’une image sur certaines plateformes numériques.

Le webinaire a également abordé les contenus générés ou modifiés par intelligence artificielle. Proportions physiques incohérentes, textures inhabituelles, ombres illogiques ou désynchronisation entre les mouvements des lèvres et le son figurent parmi les éléments susceptibles d’alerter le vérificateur, sans toutefois constituer à eux seuls une preuve définitive.

Une démonstration particulièrement illustrative a porté sur une vidéo présentée comme ayant été tournée à New York. L’analyse du mobilier urbain, des enseignes et de certains éléments visibles dans la séquence a conduit à une autre localisation, Adana, en Turquie. Une illustration qui rappelle qu’un contenu visuel doit être replacé dans son contexte avant toute publication.

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Les participants ont également échangé sur les outils permettant de détecter le plagiat et sur les méthodes permettant de s’assurer qu’une vidéo analysée correspond bien à sa version originale et intégrale.

La boîte à outils du vérificateur

La 16e session a marqué un nouveau passage vers la pratique, avec un module consacré aux outils numériques de fact-checking. Cette orientation correspond à la progression annoncée par l’APDD, qui entend renforcer chez les jeunes la capacité à rechercher, analyser et confronter les informations disponibles en ligne.

Jean-Jacques SOMAKPO a notamment insisté sur la nécessité de décomposer une information avant de la rechercher. Une rumeur comme celle annonçant une prétendue interdiction de WhatsApp par les autorités béninoises doit, selon la méthode présentée, être découpée en éléments précis afin de faciliter la recherche de sources fiables.

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L’expert a rappelé que les réseaux sociaux peuvent constituer un point de départ pour une vérification, mais ne sauraient être considérés comme la preuve ultime. Le vérificateur doit remonter vers les sources primaires : texte réglementaire, communiqué officiel, document administratif ou autre source institutionnelle pertinente.

Une organisation méthodique du poste de travail a également été recommandée, avec plusieurs onglets consacrés à la publication initiale, à la couverture médiatique, aux plateformes officielles et aux archives ou outils spécialisés. La constitution d’un dossier de preuves a été présentée comme une étape essentielle du processus.

L’intelligence artificielle a, là encore, fait l’objet d’une mise en garde : elle peut aider à accélérer certaines recherches ou à identifier des pistes, mais elle ne doit pas remplacer la vérification humaine et la consultation des sources originales.

Popularité et fiabilité : deux notions à ne pas confondre

Au fil des échanges, les participants ont été sensibilisés à plusieurs erreurs classiques : faire confiance au premier résultat d’un moteur de recherche, confondre viralité et fiabilité ou considérer l’absence de résultat comme la preuve qu’un événement n’existe pas.

Les discussions ont également porté sur les captures d’écran, les extensions de navigateurs et les moyens de repérer les faux communiqués administratifs. La vérification de l’URL, du nom de domaine et des coordonnées officielles a été présentée comme un réflexe indispensable.

À plusieurs reprises, la modération a insisté sur une idée centrale : une information largement partagée n’est pas nécessairement une information fiable.

Comprendre les risques juridiques liés à la désinformation

La 17e session a déplacé le curseur vers une autre dimension : la responsabilité juridique liée aux publications numériques. L’objectif était de permettre aux participants de mieux comprendre leurs droits, mais aussi les obligations qui accompagnent l’exercice de la liberté d’expression en ligne.

L’expert Jean-Jacques SOMAKPO a expliqué qu’une information erronée ne constitue pas automatiquement une infraction pénale. La qualification juridique nécessite notamment d’examiner l’existence d’un fondement légal, la matérialité du comportement reproché et, selon l’infraction concernée, les éléments permettant d’établir l’intention.

La distinction entre opinion et affirmation factuelle a également été au cœur de la présentation. Une opinion relève d’un jugement de valeur, tandis qu’une affirmation factuelle peut faire l’objet d’une vérification. Cette distinction permet d’éviter de confondre une information simplement inexacte avec un comportement susceptible de relever d’une infraction.

La présentation s’est appuyée sur le Code du numérique béninois, notamment les dispositions relatives à certaines formes de contenus et comportements numériques, ainsi que sur les principes de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, consacré à la liberté d’expression.

L’expert a également présenté une démarche en deux temps : authentifier d’abord l’information — source, chronologie, contexte et recoupement — puis examiner la qualification juridique éventuelle du comportement, sa cible, son préjudice et la chaîne des responsabilités.

Les langues nationales au cœur de l’appropriation

Un autre aspect transversal de ces sessions réside dans le choix de la modération de restituer une partie importante des enseignements en Yoruba, et, lors de la 14e session, en Yoruba et Fon.

Cette approche vise à rendre les notions de fact-checking, de vérification des sources, de désinformation et de responsabilité numérique plus accessibles aux participants et à favoriser leur appropriation au-delà du seul vocabulaire technique francophone.

Les échanges ont également permis aux participants de partager leurs expériences. Maurice GBEMENOU, Janice, Charles SOUNOUVOU, Ibaye Mbaye, Lucas AHOUANSOU et Serge ALOKPOWANOU figurent parmi les personnes ayant contribué aux discussions, à travers des questions portant notamment sur le plagiat, la protection des données, l’authentification des vidéos, la conservation des preuves et les risques juridiques liés au partage de contenus.

Une progression vers la pratique

À travers ces quatre sessions, le projet « Ma Voix Compte » poursuit ainsi une progression pédagogique : comprendre les mécanismes de la désinformation, apprendre à vérifier les informations, maîtriser les outils numériques, analyser les contenus visuels et, enfin, intégrer la dimension juridique de la publication et du partage.

Cette orientation s’inscrit dans les objectifs plus larges du projet, qui associe sensibilisation, fact-checking, cybersécurité, analyse critique des contenus et défense des droits numériques.

Au terme du 17e webinaire, plusieurs principes ont été retenus : ne pas confondre erreur et infraction, distinguer opinion et fait vérifiable, privilégier les sources primaires, documenter sa démarche et ne pas considérer la viralité comme une preuve de fiabilité.

Le prochain rendez-vous annoncé doit prendre la forme d’un atelier pratique consacré au traitement d’un cas complexe, afin de mettre en application les connaissances acquises au cours des précédentes sessions.

Le présent webinaire est disponible et téléchargeable sur YouTube via le lien :

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.