L’affaire des présumées malversations financières au sein de l’établissement privé d’enseignement supérieur « Le Faucon » devra encore attendre avant de connaître son dénouement. Examiné ce jeudi 5 novembre 2026 devant le tribunal d’Abomey-Calavi, le dossier a été renvoyé au 3 décembre prochain. Au cœur de cette procédure judiciaire : un préjudice allégué de 24 027 000 FCFA, lié à des irrégularités présumées dans la collecte et le reversement des frais de scolarité entre 2017 et 2019.
Cette nouvelle audience n’aura finalement pas permis au tribunal d’avancer dans l’examen des faits. Bien que les différentes parties ayant pris part à la précédente comparution, en juin dernier, aient répondu présentes, deux acteurs jugés importants pour la manifestation de la vérité ont fait défaut : la banque concernée et le cabinet d’expertise comptable chargé du suivi des comptes de l’établissement.
Leur présence est notamment attendue pour apporter des éclaircissements sur les opérations financières contestées et les discordances relevées dans les documents comptables. Le tribunal a donc décidé de renvoyer l’affaire au 3 décembre 2026, date à laquelle leurs représentants devraient être entendus.
Des frais de scolarité au cœur des accusations
À l’origine de cette procédure, des anomalies découvertes en 2020 à la suite d’un contrôle interne. Lors de la précédente audience, le directeur des affaires financières (DAF), représentant l’établissement, avait expliqué que les irrégularités concernaient des frais de scolarité collectés auprès de plusieurs étudiants sur une période allant de 2017 à 2019.
Les vérifications auraient notamment mis en évidence des écarts entre les récépissés de versement présentés à l’administration de l’établissement et les montants effectivement enregistrés sur son compte bancaire. Le préjudice financier avancé par la direction de « Le Faucon » a été évalué à 24 027 000 FCFA.
D’après les explications fournies par le DAF, le mécanisme présumé reposait sur la collecte des frais de scolarité auprès des étudiants, suivie de versements bancaires très inférieurs aux sommes réellement perçues. Dans certains cas évoqués, seuls 5 000 FCFA auraient été déposés sur le compte de l’établissement, alors que les montants dus par les étudiants atteignaient plusieurs centaines de milliers de francs CFA. Des justificatifs de paiement auraient ensuite été falsifiés afin de masquer les différences.
Le prévenu rejette toute intention frauduleuse
Mis en cause dans cette affaire, l’ancien étudiant poursuivi conteste toute volonté de participer à une entreprise frauduleuse. À l’audience de juin, il avait livré une version des faits mettant en cause un autre ancien étudiant, présenté comme l’intermédiaire chargé des versements.
Selon ses déclarations, tout serait parti de sa propre recherche d’une solution pour régler ses frais de scolarité en 2018. Un ancien étudiant lui aurait alors proposé de prendre en charge les opérations de paiement. Après avoir reçu l’intégralité de la somme, ce dernier lui aurait remis des justificatifs présentés comme des preuves de versement, accompagnés d’une ristourne de 10 000 FCFA.
Estimant que la démarche était régulière, le prévenu affirme l’avoir ensuite recommandée à ses camarades. Près d’une vingtaine d’étudiants lui auraient ainsi remis leurs frais de scolarité pour qu’il les transmette à cet intermédiaire. Il reconnaît avoir bénéficié, au total, d’environ 300 000 FCFA de ristournes sur les différentes opérations effectuées pour ses camarades.
Pour expliquer la confiance qu’il accordait à cet ancien étudiant, il avait notamment évoqué la présence régulière de celui-ci dans les locaux de l’établissement ainsi que ses relations avec le directeur des affaires financières.
Le DAF apporte des précisions
Une explication que le représentant de l’établissement avait tenu à nuancer. Le DAF avait précisé que les passages de l’ancien étudiant à son bureau s’inscrivaient dans le cadre d’un accompagnement à l’insertion professionnelle et n’avaient aucun lien avec les opérations financières mises en cause.
Il avait également indiqué que les états financiers annuels de l’établissement faisaient l’objet d’un examen par un cabinet d’expertise comptable externe.
L’audition des représentants de la banque et de ce cabinet apparaît donc déterminante pour confronter les différentes déclarations aux éléments financiers et comptables du dossier.
En attendant ces nouvelles auditions, les circonstances exactes des opérations litigieuses et le niveau de responsabilité de chaque personne impliquée restent à établir par la justice. Le rendez-vous est désormais fixé au 3 décembre 2026 devant le tribunal d’Abomey-Calavi.



