À peine l’audience reprise, la défense a frappé un grand coup en formulant une requête susceptible de marquer un tournant dans le procès de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, un dossier qui continue d’alimenter les débats seize ans après les faits.
À l’initiative de cette démarche, Me Olga Anassidé a officiellement demandé à la Cour d’ordonner la comparution du général Louis Philippe Houndégnon, ancien Directeur général de la Police nationale (DGPN). Une requête qui s’appuie sur les récentes déclarations publiques de l’ancien patron de la police, dans lesquelles il affirme détenir des informations importantes sur les circonstances de la disparition du cadre du ministère des Finances et sur la conduite de l’enquête.
Pour les avocats des accusés, notamment ceux de Codjo Cossi Alofa, ce témoignage est désormais essentiel à la manifestation de la vérité. Ils estiment que le général Houndégnon, en raison des hautes responsabilités qu’il exerçait au moment des faits et durant les premières investigations, est en mesure d’apporter des éléments susceptibles d’éclairer la Cour.
Cette demande intervient dans un contexte où de nombreuses zones d’ombre persistent autour de l’affaire, notamment sur l’authenticité du corps exhumé à Womey, les conditions de l’enquête initiale et les allégations de politisation du dossier. L’ancien DGPN avait d’ailleurs déclaré publiquement que l’affaire Dangnivo avait été « politisée » et laissé entendre qu’il détenait des informations inédites sur son déroulement.
La balle est désormais dans le camp de la Cour, appelée à se prononcer sur cette requête. Si elle fait droit à la demande de la défense, le général Louis Philippe Houndégnon pourrait être appelé à témoigner à la barre. Une éventuelle comparution qui pourrait apporter un nouvel éclairage sur l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de l’histoire récente du Bénin et, peut-être, contribuer à lever une partie du voile sur une affaire qui continue de susciter de nombreuses interrogations.



