Au Burkina Faso, plusieurs fonctionnaires du ministère de l’Action humanitaire comparaissent actuellement devant la justice dans une nouvelle phase du dossier dit « Amidou Tiégnan », une affaire de détournement de fonds publics ayant défrayé la chronique.
Les mis en cause sont poursuivis pour des faits de détournement de deniers publics, complicité de détournement, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, dans le cadre de la gestion de ressources destinées à l’aide humanitaire, notamment pour l’acquisition de vivres au profit des personnes déplacées internes à la suite des attaques terroristes dans plusieurs régions du pays.
Ce lundi 15 décembre 2025, le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou a ouvert le procès de ces fonctionnaires, parmi lesquels figurent d’anciens cadres de ce ministère, dont Camille Yé Yaké, ancien supérieur hiérarchique de l’ex-fonctionnaire Amidou Tiégnan, ainsi que Laure Zongo/Hien, ancienne ministre de l’Action humanitaire, et six autres personnes.
Selon les charges retenues par la justice, ces responsables auraient détourné près de trois milliards de francs CFA à travers la mauvaise gestion d’un compte spécial destiné à l’achat de denrées pour les populations vulnérables.
Les débats ont débuté avec les interventions des conseils des prévenus, de l’Agent judiciaire de l’État (AJE), du Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) et du parquet, chacun exposant ses arguments quant à la recevabilité et à la poursuite du dossier. Après une suspension des audiences pour délibérer sur plusieurs observations soulevées, la séance a été renvoyée au 23 janvier 2026 pour la suite du procès.
Cette procédure s’inscrit dans la continuité de l’affaire principale qui avait déjà vu Amidou Tiégnan reconnu coupable de détournement de fonds et condamné à une lourde peine d’emprisonnement pour des faits similaires portant sur plus de trois milliards de francs CFA.
L’affaire avait profondément marqué l’opinion publique burkinabè, alimentant les débats sur la transparence dans la gestion des ressources destinées à faire face à la crise humanitaire. Elle reflète également les efforts du système judiciaire à poursuivre les responsables de malversations financières, en particulier dans un contexte où les besoins des populations déplacées internes demeurent immenses.
À l’approche de la prochaine audience, prévue en janvier, l’opinion reste attentive à l’évolution de ce dossier hautement symbolique qui met en lumière les défis persistants de la gouvernance et de la responsabilité publique au Burkina Faso.






