La sécurité routière au Bénin est menacée par un phénomène inquiétant : des formations en code de la route et en conduite proposées à des tarifs dérisoires, souvent au détriment de la qualité et de la sécurité. Sous le regard des associations de moniteurs d’auto-écoles agréées et des autorités compétentes, le secteur connaît une dérive qui pourrait coûter cher à tous.
Des formations à bas prix… au détriment de la qualité
Ces dernières années, certains promoteurs ont exploité la demande croissante de jeunes candidats au permis de conduire pour proposer des formations théoriques et pratiques à des prix extrêmement bas, dans des conditions peu optimales. Dans ces structures, des centaines de candidats sont entassés dans des amphithéâtres improvisés ou même dans des fourgonnettes surchargées, avec des moniteurs non certifiés à la tête des cours.
Si les supports théoriques – livres et applications – permettent parfois de réussir l’examen écrit, la formation pratique est souvent inexistante ou bâclée. Le résultat ? Des jeunes incapables de conduire correctement, mais qui circulent néanmoins sur nos routes, mettant leur vie et celle des autres en danger.
Une dérive qui menace la sécurité routière
Les conséquences de cette pratique sont déjà visibles. Des candidats échouent aux examens pratiques et continuent pourtant de prendre le volant sans permis valide. Chaque jour, ils deviennent des risques potentiels d’accidents sur nos routes. Le rôle du Centre national de sécurité routière (CNSR) et de l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT) est crucial pour réguler ce secteur et protéger les usagers.
Quand le prix devient un argument trompeur
Il est frappant de constater qu’il y a une vingtaine d’années, une formation complète coûtait entre 70 000 et 100 000 FCFA, alors que les charges et le coût des véhicules étaient inférieurs à ceux d’aujourd’hui. Aujourd’hui, des formations sérieuses proposées entre 66 000 et 100 000 FCFA ne sont pas crédibles : le prix dérisoire ne peut que cacher une qualité médiocre, voire inexistante.
Les jeunes élèves et étudiants doivent rester vigilants : se laisser séduire par ces tarifs “alléchants” revient souvent à être conduit vers une formation inadéquate et à courir un risque inutile sur la route.
La fin de la récréation ?
Face à cette situation, il est urgent que le CNSR et l’ANaTT interviennent pour mettre un terme à cette concurrence déloyale qui menace la vie des citoyens. La sécurité routière ne peut pas être un secteur où la loi du marché remplace celle de la prudence et de la compétence.
Dossier à suivre…
Par Amédée Éric DJOSSOU






