Depuis l’annonce le 17 février 2026 de la suspension « jusqu’à nouvel ordre » de plusieurs réseaux sociaux, dont TikTok, Facebook et YouTube, par la Haute Autorité de la Communication (HAC) du Gabon, les discussions entre les autorités gabonaises et les plateformes concernées sont en pleine accélération.
La décision du régulateur gabonais fait suite à une recrudescence de contenus qualifiés de diffamatoires, haineux ou menaçant la cohésion sociale et la sécurité nationale, dans un contexte politique et social tendu marqué par un mouvement de grève allant au-delà du secteur éducatif.
TikTok prend acte et offre de coopérer
Dans une lettre datée du 18 février 2026 adressée à Germain Ngoyo Moussavou, président de la HAC, TikTok Afrique francophone a indiqué « prendre acte » de la décision du régulateur et affirme comprendre les préoccupations liées à l’application du Code de la communication gabonais.
La plateforme, par la voix de son directeur des politiques publiques basé à Johannesburg, a souligné sa volonté de travailler avec les autorités pour garantir un espace numérique conforme aux lois et respectueux des citoyens gabonais.
Des propositions pour une sortie de crise
Pour répondre aux inquiétudes de la HAC, TikTok propose plusieurs mesures concrètes :
Renforcement de la modération des contenus, avec une vigilance accrue sur les publications jugées sensibles ;
Intégration de la HAC au sein de son outil interne de signalement prioritaire (TikTok Safety Enforcement Tool – TSET) ;
Transmission aux autorités de listes d’URL problématiques et de mots-clés sensibles pour une détection plus ciblée.
Une délégation de responsables de TikTok est attendue à Libreville début mars pour discuter de ces propositions avec la HAC et explorer les voies d’un rétablissement progressif de l’accès à la plateforme.
Une suspension qui divise
La mesure de suspension, bien que qualifiée de provisoire par les autorités gabonaises, n’est pas sans controverse. Elle intervient dans un climat tendu, où les restrictions numériques sont perçues par des opposants comme une atteinte à la liberté d’expression et à l’accès à l’information.
Quatre citoyens gabonais ont même saisi la Cour Constitutionnelle pour contester la décision de la HAC, arguant qu’elle viole plusieurs droits garantis par la Constitution de décembre 2024, notamment la liberté d’expression.
Vers un compromis ?
Alors que TikTok multiplie les gestes de coopération, l’heure est à la négociation. La rencontre prévue entre la plateforme et la HAC constituera un moment clé pour évaluer la possibilité d’un retour partiel ou total de TikTok au Gabon, mais aussi pour redéfinir les contours d’une régulation numérique jugée plus transparente et adaptée au contexte gabonais.






