Grâce présidentielle au Bénin:  Le gouvernement écarte toute sélection arbitraire

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Pas de sélection arbitraire, mais des critères précis. C’est la mise au point apportée par le gouvernement béninois au sujet de la mesure de grâce accordée à 369 détenus à l’occasion du 66e anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale. Invité ce dimanche 9 août 2026 sur les antennes de Radio Bénin-SRTB, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a expliqué les conditions ayant conduit à la sélection des bénéficiaires.

La mesure avait été annoncée à la veille de la fête nationale. Elle concerne 369 personnes condamnées et détenues dans plusieurs juridictions du pays. Les libérations ont été mises en œuvre progressivement à partir du 1er août, au fur et à mesure de l’accomplissement des formalités judiciaires et administratives nécessaires.

Selon les données communiquées, les bénéficiaires sont issus de huit juridictions. Le Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi compte 73 bénéficiaires, contre 38 pour Abomey, 36 pour Cotonou, 30 pour Djougou et 26 pour Pobè. À ces effectifs s’ajoutent notamment dix condamnés relevant de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) et deux de la Cour spéciale des affaires foncières (CSAF).

Une mesure inscrite dans une tradition présidentielle

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Interrogé sur les interprétations politiques suscitées par cette décision, Wilfried Léandre Houngbédji a replacé la mesure dans une pratique institutionnelle ancienne au Bénin.

Pour le porte-parole du gouvernement, l’exercice du droit de grâce par le chef de l’État ne constitue pas une innovation propre à la nouvelle administration. « Ça, c’est déjà une tradition dans notre pays », a-t-il expliqué, estimant que le président Romuald Wadagni s’inscrit dans la continuité de cette pratique.

La grâce présidentielle apparaît ainsi, dans la présentation faite par l’exécutif, comme un acte de clémence relevant des prérogatives du chef de l’État et intervenant à l’occasion d’une célébration nationale.

Des dossiers examinés au cas par cas

L’un des principaux points soulevés par le ministre porte-parole concerne les conditions d’accès à cette mesure. Contrairement à l’idée d’une sélection effectuée de manière discrétionnaire, le gouvernement affirme que les dossiers ont fait l’objet d’un examen préalable.

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Plusieurs paramètres auraient été pris en considération, notamment la durée de la peine déjà exécutée, la nature et la gravité de la condamnation ainsi que le comportement du détenu pendant sa période d’incarcération.

Wilfried Léandre Houngbédji parle ainsi d’un « cumul de conditions ». Les dossiers auraient d’abord été examinés par les services compétents du ministère de la Justice avant que des propositions ne soient soumises à la présidence de la République.

L’objectif affiché est donc de distinguer les bénéficiaires selon des critères prédéfinis plutôt que de procéder à une libération générale des personnes détenues.

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« Ce n’est pas le nombre le plus important »

Face aux interrogations que pourrait susciter le nombre de 369 bénéficiaires, le porte-parole du gouvernement insiste davantage sur la conformité des dossiers aux critères établis.

« Ce n’est pas le nombre le plus important, c’est de savoir que ceux qui bénéficient remplissent les conditions », a-t-il souligné.

Une précision qui laisse également ouverte la possibilité de nouvelles mesures de grâce à l’avenir. Le ministre n’a pas exclu que d’autres détenus puissent bénéficier d’une mesure similaire lors de prochaines occasions, sous réserve qu’ils remplissent les conditions requises et présentent notamment un comportement jugé satisfaisant.

Une mesure qui nourrit des attentes dans les prisons

La publication de la liste des bénéficiaires a naturellement suscité de nouveaux espoirs parmi les détenus qui n’ont pas été concernés par cette première mesure.

Certains pourraient désormais espérer que leurs dossiers soient examinés à l’occasion d’une prochaine décision présidentielle. Le porte-parole du gouvernement reconnaît cette attente, tout en rappelant implicitement que l’examen d’un dossier dépendra du respect des critères établis.

« Si la présence de certains sur la liste fait naître chez d’autres l’espoir que leur tour viendra, cela peut se comprendre », a-t-il déclaré.

Cette perspective pourrait ainsi donner à la mesure du 1er août une portée qui dépasse les seuls 369 bénéficiaires, en ouvrant la voie à d’autres examens de situations individuelles lors de futures occasions.

Le gouvernement met en garde contre les arnaques

Alors que la grâce présidentielle suscite l’espoir de nombreuses familles, le ministère de la Justice avait déjà alerté, en juillet, sur l’existence de tentatives d’escroquerie liées à cette mesure.

Des individus auraient notamment sollicité de l’argent auprès de proches de détenus en échange d’une prétendue inscription sur une liste de bénéficiaires.

Le gouvernement rappelle à cet égard qu’aucun paiement ne peut conditionner l’octroi d’une grâce présidentielle. Les familles sont donc invitées à la plus grande vigilance face aux personnes qui prétendraient pouvoir influencer ou garantir la décision des autorités en échange d’une contrepartie financière.

Au-delà des 369 libérations intervenues à l’occasion de la fête nationale, le message du gouvernement se veut donc double : expliquer que la mesure repose sur l’examen de critères précis et prévenir les détenus ainsi que leurs familles contre toute tentative d’exploitation de leurs espoirs.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.